C’est une affaire qui secoue les rangs de l’armée congolaise. Le lieutenant-général Philémon Yav Irung, ancien commandant de la 3ᵉ zone de défense des FARDC, est désormais confronté à l’une des accusations les plus graves du code pénal militaire congolais : la trahison. Ce jeudi à Kinshasa, le parquet général des FARDC a requis devant la Haute Cour militaire une peine de servitude pénale à perpétuité contre ce haut gradé de l’armée congolaise.
Le ministère public le poursuit également pour « incitation de militaires à poser des actes contraires au devoir et à la discipline ». À travers ce réquisitoire particulièrement sévère, la justice militaire entend visiblement envoyer un signal fort dans un contexte sécuritaire extrêmement sensible pour la République démocratique du Congo, alors que les FARDC restent engagées sur plusieurs fronts, notamment dans l’Est du pays.
Selon le parquet militaire, les faits reprochés à l’ancien commandant de la 3ᵉ zone de défense seraient d’une gravité telle qu’ils auraient porté atteinte à la discipline et à la cohésion au sein des forces armées. Même si les détails complets du dossier n’ont pas encore été rendus publics, les charges de trahison dans l’appareil militaire congolais figurent parmi les infractions les plus lourdement sanctionnées.
Fait notable toutefois : le ministère public a demandé à la Haute Cour de prendre en considération des circonstances atténuantes. Le parquet évoque notamment la « délinquance primaire », laissant entendre que le général Philémon Yav ne présenterait pas d’antécédents judiciaires connus avant cette affaire. Cette nuance pourrait influencer la décision finale de la Cour, même si la réquisition de prison à vie démontre déjà la fermeté affichée par la justice militaire.
L’affaire attire une attention particulière dans les milieux politiques et sécuritaires du pays, tant le profil de l’accusé reste important au sein de l’armée. Ancien responsable d’une vaste zone de défense stratégique, Philémon Yav appartenait jusqu’ici au cercle des officiers supérieurs ayant occupé des fonctions sensibles dans l’appareil sécuritaire de la RDC.
Le verdict de la Haute Cour militaire est désormais très attendu. Il pourrait constituer un précédent majeur dans la manière dont la justice militaire congolaise traite les dossiers impliquant des officiers de haut rang accusés d’atteinte à la sûreté de l’État et à la discipline militaire.
La rédaction de b-onetv.cd


