Le spectacle du football congolais a brusquement laissé place au désordre. À Tata Raphaël, les chants des supporters ont été étouffés par les tensions, les contestations et finalement les violences qui ont éclaté lors du duel entre AS V.Club et FC Les Aigles du Congo. Une soirée qui devait confirmer l’intensité des play-offs d’Illicocash Ligue 1, mais qui risque désormais de marquer un tournant embarrassant pour le championnat national.

Jeudi 21 mai, la rencontre a basculé dans le chaos à la 88e minute alors que les deux équipes étaient à égalité d’un but partout. Une bagarre généralisée sur la pelouse a forcé l’interruption du match dans une ambiance devenue incontrôlable. Au-delà du résultat sportif, cet incident place désormais le nouveau comité dirigeant du football congolais devant sa première grande épreuve de crédibilité.
À peine installé, le tandem Mosengo-Menayame se retrouve confronté à une décision qui pourrait déjà définir son image auprès de l’opinion sportive : appliquer le règlement avec autorité ou céder aux pressions des états-majors sportifs et des passions populaires. Car les textes disciplinaires sont clairs.
En cas de bagarre généralisée impliquant les deux équipes, le code prévoit des sanctions lourdes pouvant aller jusqu’au forfait des deux camps ainsi qu’au retrait de points. Une disposition qui, aujourd’hui, alimente tous les débats dans les cercles footballistiques congolais.
Dans les gradins comme sur les réseaux sociaux, beaucoup réclament une réponse forte afin d’éviter que les play-offs ne sombrent définitivement dans la violence et la contestation permanente. Mais cette soirée sous tension ne se résume pas uniquement aux échauffourées.
L’arbitrage de la rencontre cristallise lui aussi une vague de critiques. Plusieurs décisions contestées de l’arbitre Botendra ont provoqué l’incompréhension des joueurs, des bancs techniques et des supporters. Certains observateurs estiment même que la gestion du match a progressivement laissé monter la nervosité jusqu’au point de rupture.

Dans une affiche aussi explosive, beaucoup attendaient une autorité capable de calmer les esprits et de garder le contrôle émotionnel de la rencontre. À l’arrivée, c’est l’inverse qui semble s’être produit : frustrations, contestations et tensions se sont accumulées minute après minute jusqu’à l’embrasement final. Derrière cette crise, une question commence déjà à circuler dans les milieux sportifs : à qui profite réellement ce climat de chaos autour des play-offs ?
Entre soupçons d’influence, polémiques arbitrales et rivalités historiques, le championnat congolais donne parfois l’impression de se jouer autant dans les coulisses que sur le terrain. Une chose apparaît néanmoins certaine : les comex de la Fecofa et de la Linafoot n’auront pas droit à l’erreur.
Les décisions qui seront prises dans les prochaines heures seront scrutées comme un test grandeur nature d’impartialité, de leur autorité et de leur capacité à restaurer la crédibilité du football national. Car aujourd’hui, ce n’est plus seulement un match qui est en jeu. C’est l’image même du football congolais qui vacille.
Junior Kulele


