Nouveau revers judiciaire pour l’administration de Donald Trump dans sa politique migratoire controversée. Une juge fédérale américaine a ordonné le retour immédiat aux États-Unis d’une femme colombienne expulsée vers la République démocratique du Congo, estimant que son transfert vers ce pays africain était probablement illégal.
La migrante concernée, Adriana Maria Quiroz Zapata, âgée de 55 ans, faisait partie d’un groupe de réfugiés et demandeurs d’asile sud-américains récemment envoyés en RDC dans le cadre des nouvelles politiques de délocalisation migratoire mises en œuvre par Washington. Selon les documents judiciaires relayés par plusieurs médias américains et latino-américains, Adriana Maria Quiroz Zapata bénéficiait pourtant d’une protection judiciaire empêchant son renvoi vers la Colombie, où elle affirmait craindre des actes de torture et de persécution.
Le plus troublant dans cette affaire réside dans le fait que les autorités congolaises auraient elles-mêmes refusé officiellement de l’accueillir sur leur territoire. Malgré cela, l’administration américaine aurait procédé à son transfert vers la RDC. Une décision que le juge fédéral Richard Leon a qualifiée de « probablement illégale ». La justice américaine rappelle ainsi que la loi interdit normalement l’expulsion d’un migrant vers un pays tiers sans l’accord explicite de celui-ci.
Depuis plusieurs mois, l’administration Trump multiplie les accords migratoires avec certains pays étrangers afin d’y transférer des migrants ne pouvant être renvoyés dans leurs États d’origine. Dans ce cadre, une quinzaine de migrants originaires de Colombie, du Pérou et de Équateur avaient été envoyés en avril 2026 à Kinshasa, suscitant de nombreuses critiques d’organisations de défense des droits humains.
Plusieurs migrants concernés avaient dénoncé leurs conditions de transfert, affirmant avoir été transportés menottés et sans réelle information sur leur destination finale. Certains disaient également subir des pressions pour retourner dans leurs pays d’origine malgré les risques encourus.
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions croissantes entre l’administration Trump et les juridictions fédérales américaines sur les questions migratoires. Ces derniers mois, plusieurs juges américains ont déjà contesté des expulsions réalisées vers le Salvador ou d’autres pays tiers, estimant que certaines procédures violaient les droits fondamentaux des migrants et le principe du respect du due process garanti par la Constitution américaine.
L’ordonnance concernant Adriana Maria Quiroz Zapata pourrait ainsi devenir un précédent majeur dans les débats autour de la politique migratoire américaine et des expulsions externalisées vers des pays africains. Pour la RDC, cette affaire place également le pays sous les projecteurs internationaux, au cœur d’un dossier sensible mêlant diplomatie, immigration et droits humains.
La rédaction de b-onetv.cd


