La lutte contre l’insalubrité dans la capitale congolaise semble entrer dans une nouvelle phase. Après les récentes critiques formulées au plus haut niveau de l’État face à la dégradation du cadre de vie à Kinshasa, les premières conséquences administratives commencent à se faire sentir au sein des structures chargées de l’assainissement urbain.

À peine rentré d’une mission officielle à l’étranger, le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Daniel Bumba, a convoqué une réunion du Comité provincial de sécurité à l’Hôtel de Ville. Au cœur des discussions : l’état préoccupant de la salubrité dans la capitale et les performances jugées insuffisantes des services chargés de l’assainissement.
Selon plusieurs sources, cette réunion a permis de dresser un constat sévère sur l’efficacité des structures spécialisées, notamment la Régie d’assainissement de Kinshasa (RASKIN), régulièrement pointée du doigt face à l’accumulation des déchets, à l’occupation anarchique des espaces publics et à la prolifération des marchés informels.
Dans la foulée, un premier changement majeur est intervenu. La directrice générale adjointe de la RASKIN, Eden Lumbu Kukiel, a présenté sa démission de ses fonctions. Députée provinciale élue, elle réintègre ainsi automatiquement l’Assemblée provinciale de Kinshasa. Son retour a d’ailleurs été officiellement entériné lors de la séance plénière tenue ce vendredi. Cette évolution intervient dans un contexte marqué par la ferme volonté des autorités de reprendre le contrôle de l’espace urbain.
Ces derniers jours, les éléments de la 14ᵉ région militaire des FARDC ont été déployés autour du marché central de Kinshasa, communément appelé Zando, afin de procéder à l’évacuation des marchés pirates et à l’assainissement de plusieurs zones devenues difficilement praticables. Cette mobilisation fait suite aux vives préoccupations exprimées par le président de la République, Félix Tshisekedi, qui avait dénoncé la dégradation avancée de l’environnement urbain dans la capitale.
Un signal fort qui semble avoir accéléré la mise en œuvre de mesures concrètes. Pour de nombreux observateurs, la démission au sein de la RASKIN pourrait n’être que le début d’une série de réaménagements destinés à insuffler une nouvelle dynamique à la politique de salubrité de la ville. Le gouverneur Daniel Bumba est désormais attendu sur la mise en place d’une équipe capable de relever le défi de l’assainissement dans l’ensemble des communes de Kinshasa.
Face à une population confrontée quotidiennement aux conséquences de l’insalubrité, les prochaines semaines seront déterminantes pour mesurer la capacité des autorités provinciales à transformer les annonces en résultats visibles sur le terrain.
C.I.M


