La République démocratique du Congo a officiellement présenté la candidature du professeur et magistrat Ézéchiel Amani Cirimwami au poste de juge à la Cour pénale internationale (CPI). L’annonce a été faite le 26 juillet 2026 par le gouvernement à travers le ministère de la Communication et des Médias, confirmant la volonté de Kinshasa de jouer un rôle accru dans la gouvernance de la justice pénale internationale.
Le candidat congolais est inscrit sur la liste B, réservée aux spécialistes du droit international, du droit pénal international, du droit international humanitaire et des droits de l’homme. Cette catégorie rassemble les juristes disposant d’une expertise reconnue dans les domaines relevant directement de la compétence de la CPI.
Magistrat depuis 2009, Ézéchiel Amani Cirimwami possède un parcours qui conjugue expérience judiciaire, enseignement universitaire et pratique du contentieux international. Titulaire de deux doctorats en droit, il exerce actuellement les fonctions de procureur après avoir siégé comme juge au sein de la magistrature congolaise.
Au-delà de son parcours national, il a représenté la République démocratique du Congo devant plusieurs juridictions internationales, notamment la Cour internationale de Justice (CIJ) et la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. Son expertise s’est également illustrée lors de la Conférence diplomatique de Ljubljana, où il a participé comme délégué plénipotentiaire et membre du comité de rédaction.
Pour le gouvernement, cette expérience lui confère les qualités indispensables pour siéger au sein de la Cour pénale internationale : indépendance, impartialité, intégrité, maîtrise des procédures judiciaires et connaissance approfondie du droit international. Selon le gouvernement, cette candidature dépasse la seule dimension individuelle. Elle constitue une réaffirmation de l’attachement de la RDC aux principes du Statut de Rome et à la lutte contre l’impunité.
Dans son communiqué, le ministère de la Communication et des Médias souligne que cette démarche témoigne de l’engagement du pays en faveur de la primauté du droit, du multilatéralisme ainsi que d’une justice internationale indépendante, impartiale et efficace. Le gouvernement rappelle également que la protection des victimes, le respect des droits de la défense et les garanties d’un procès équitable demeurent des conditions essentielles pour bâtir une paix durable.
L’élection des nouveaux juges de la CPI est prévue lors de la 25ᵉ session de l’Assemblée des États parties au Statut de Rome, qui se tiendra du 7 au 17 décembre 2026 au siège des Nations unies à New York. Les États membres seront appelés à renouveler plusieurs sièges au sein de la Cour tout en examinant diverses questions. À travers cette candidature, Kinshasa sollicite le soutien des États parties et affirme sa volonté de contribuer au renforcement de l’indépendance, de la crédibilité et de l’efficacité de la justice pénale internationale.
L’annonce intervient alors que la Cour pénale internationale traverse une période de fortes turbulences. Les relations entre la CPI et les États-Unis demeurent particulièrement tendues. Washington poursuit sa politique de contestation de l’institution, notamment après les enquêtes ouvertes sur de présumés crimes de guerre impliquant des ressortissants américains et israéliens.
Par ailleurs, la Cour fait face à une crise interne depuis la révocation du procureur Karim Khan, à la suite d’une procédure disciplinaire liée à des accusations d’inconduite sexuelle. Ces développements renforcent les débats sur l’avenir, l’indépendance et la crédibilité de la justice pénale internationale.
Créée en 2002 à la suite de l’entrée en vigueur du Statut de Rome, la Cour pénale internationale est la première juridiction pénale internationale permanente chargée de poursuivre les auteurs présumés de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et du crime d’agression. Bien que compétente pour juger les responsables des violations les plus graves du droit international, la CPI ne dispose d’aucune force de police propre et dépend entièrement de la coopération des États pour exécuter ses mandats d’arrêt et appliquer ses décisions.
Pour la République démocratique du Congo, pays qui entretient une relation particulière avec la Cour depuis l’ouverture de plusieurs enquêtes sur son territoire, la candidature d’Ézéchiel Amani Cirimwami constitue à la fois une reconnaissance de l’expertise juridique congolaise et une affirmation de son ambition de participer davantage à l’évolution de la justice internationale.
La rédaction de b-onetv.cd


