L’indignation a laissé place à l’action. À Kinshasa, l’affaire des violences présumées sur une patiente à Kinkole vient de franchir un cap décisif : celui des sanctions et de la justice. Au cœur de cette tempête, le CNPP Kinkole, théâtre d’une scène qui a profondément choqué l’opinion publique après la diffusion d’une vidéo devenue virale. On y voyait une patiente, en situation de vulnérabilité extrême, subir des violences physiques et verbales de la part d’un médecin.
Ce dernier, David Balanganayi, a été interpellé par la police judiciaire. Une arrestation qui marque un tournant dans la gestion de cette affaire, désormais prise en main à la fois sur les plans disciplinaire et judiciaire. Face à la gravité des faits, les autorités sanitaires n’ont pas tardé à réagir. Le ministre provincial de la Santé de Kinshasa a qualifié ces actes de « profondément regrettables », dénonçant une violation flagrante de l’éthique médicale.
Dans la foulée, une série de mesures immédiates a été enclenchée : ouverture de procédures disciplinaires, audits lancés par l’Inspection provinciale de la santé, suspension via la Division provinciale de la santé, et examen d’une radiation de l’Ordre des médecins. Mais c’est la réaction du ministre national de la Santé, Roger Kamba, qui a donné le ton le plus ferme. Sans détour, il a annoncé que le médecin incriminé ne pourra plus exercer : « Cette personne ne va plus toucher aux patients », a-t-il tranché, évoquant une accumulation de fautes déontologiques d’une gravité extrême.
Dans ses déclarations, le ministre a également instruit l’Inspection générale de la Santé, le Secrétariat général ainsi que l’Ordre des médecins de tirer toutes les conséquences de cette affaire. Une ligne rouge, désormais clairement posée : aucune tolérance face à des actes qui portent atteinte à la dignité des patients. Au-delà des sanctions individuelles, cette affaire soulève une question plus profonde : celle de la protection des patients dans les structures de santé.
Elle met en lumière les failles d’un système qui doit impérativement se renforcer pour garantir humanité, respect et sécurité. Aujourd’hui, le message des autorités est sans équivoque : la médecine ne peut jamais devenir un espace de violence. À Kinkole, la justice est en marche. Et avec elle, l’espoir que de tels actes ne se reproduisent plus.
JK


