À Mont-Ngafula, commune de l’ouest de Kinshasa, un nouvel outil de lutte contre l’insécurité s’impose peu à peu : le sifflet. Désormais, presque chaque foyer en possède un, prêt à être utilisé pour alerter le voisinage en cas d’agression. Une stratégie communautaire née d’un constat alarmant : la montée fulgurante de la criminalité dans la commune.

Depuis plusieurs mois, les habitants vivent dans la peur. Braquages, agressions à l’arme blanche, vols et meurtres se succèdent à un rythme inquiétant. La psychose est telle que la population s’organise désormais pour réagir collectivement, le son du sifflet servant de signal d’alerte et de ralliement face aux criminels.
Face à l’ampleur du phénomène, les autorités municipales ont multiplié les sensibilisations, en particulier auprès des jeunes. Elles encouragent la formation de « groupes de vigilance », chargés de surveiller les quartiers et de dissuader toute tentative d’agression. Ces initiatives citoyennes, bien que rudimentaires, témoignent de la volonté des habitants de ne plus subir passivement l’insécurité.
Le quartier Bianda a récemment été secoué par l’assassinat d’un homme sexagénaire, abattu par balles non loin de la résidence du ministre d’État à l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba. Quelques jours auparavant, un braquage à Masanga Mbila avait coûté la vie à un homme dans la trentaine. Ces drames, parmi d’autres, ont renforcé la détermination des habitants à adopter des mécanismes d’autodéfense communautaire.
À défaut de moyens technologiques modernes de sécurité, les habitants de Mont-Ngafula misent sur la solidarité et la vigilance collective. Les sifflets, simples mais efficaces, sont devenus l’emblème de cette riposte populaire contre l’insécurité grandissante.
C.I.M


