La suspension des opérations d’identification et de numérotation des motos-taxis à Kinshasa suscite une vive controverse au sein des autorités urbaines. Le Collectif des Bourgmestres et Bourgmestres Adjoints a exprimé son opposition à la décision du ministre provincial des Transports, Jésus-Noël Sheke, ouvrant un nouveau front dans la gestion du secteur des transports urbains.
Ce lundi, le ministre provincial des Transports, Jésus-Noël Sheke, a annoncé la suspension immédiate des opérations d’identification, de numérotation et d’apposition d’autocollants des motos dans les 24 communes de la capitale. Selon lui, cette mesure vise à dissiper toute confusion autour de ces opérations, dont l’exécution avait suscité des interrogations au sein de la population et des autorités locales.
Cette décision intervient dans un contexte de régulation du secteur des motos-taxis, un mode de transport très répandu à Kinshasa, mais souvent associé à des défis sécuritaires, fiscaux et organisationnels. Le Collectif des Bourgmestres et Bourgmestres Adjoints s’est dit « étonné » d’apprendre cette suspension via les réseaux sociaux.
Les responsables communaux estiment que cette décision a été prise sans concertation préalable avec les autorités locales, pourtant directement concernées par la mise en œuvre de la mesure. Ils rappellent que la taxe de numérotation des motos relève, selon les textes légaux en vigueur, de la compétence des communes. À ce titre, toute décision affectant les entités territoriales devrait, selon eux, passer par le ministre de tutelle et faire l’objet d’une coordination institutionnelle.
Pour les bourgmestres, la suspension décidée par le ministre provincial des Transports remet en question l’autonomie des communes dans la gestion de certaines taxes locales. Ils affirment leur détermination à défendre les prérogatives des entités territoriales décentralisées, conformément aux lois en vigueur en République démocratique du Congo.
Le collectif craint qu’une telle décision, si elle est maintenue sans concertation, n’installe un climat de tension institutionnelle et de confusion administrative au sein de la ville-province. Face à ce désaccord, les bourgmestres disent attendre un arbitrage de l’autorité de tutelle afin d’éviter un climat malsain dans la gestion urbaine.
Ils appellent à une clarification des compétences entre les institutions provinciales et communales, afin d’assurer une meilleure coordination dans la régulation du secteur des motos-taxis. Cette affaire met en lumière les défis de la décentralisation à Kinshasa, où les chevauchements de compétences entre le niveau provincial et les communes continuent d’alimenter des tensions institutionnelles.
La rédaction de b-onetv.cd


