Un tournant politique s’opère à l’Assemblée provinciale de Kinshasa. Alors qu’une fronde parlementaire menace son mandat, le président de l’institution, Lévi Mbuta, a annoncé son retrait temporaire pour des raisons de santé. Dans une correspondance adressée au bureau de l’organe délibérant, il a confié l’intérim à sa première vice-présidente, Germaine Tshinyama, qui prend ainsi les commandes à partir de ce mardi 30 septembre.
La prise de fonction de Germaine Tshinyama intervient à un moment stratégique : l’ouverture de la session budgétaire de septembre 2025. Elle sera chargée de diriger les débats, de veiller à la bonne marche des travaux et d’assurer la continuité institutionnelle. Mais la mission s’annonce complexe, dans un climat politique marqué par de profondes divisions entre les élus provinciaux.
Une pétition est en gestation, en toile de fond, plusieurs députés provinciaux ont annoncé leur intention d’initier une pétition visant la destitution de Lévi Mbuta. Ses détracteurs l’accusent de mauvaise gestion et de manque de leadership, tandis que ses partisans évoquent une campagne politique orchestrée pour le fragiliser. Le retrait de l’actuel président pourrait ainsi accentuer les spéculations sur son avenir à la tête de l’Assemblée provinciale.
Le rapporteur de l’Assemblée, André Nkongolo, a confirmé l’ouverture de la session ce mardi à 10 heures, invitant les députés provinciaux à reprendre le chemin de l’hémicycle après les vacances parlementaires. Mais déjà, de nombreux observateurs estiment que cette rentrée parlementaire sera particulièrement mouvementée, compte tenu des rivalités internes et du bras de fer annoncé autour de la présidence de l’institution.
Avec l’intérim confié à Germaine Tshinyama, une figure féminine se retrouve pour la première fois à la tête de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, même à titre provisoire. Son sens du dialogue et sa capacité à rassembler seront mis à l’épreuve face à une majorité divisée et une opposition déterminée à peser dans les débats.
La scène politique kinoise s’apprête donc à vivre des semaines intenses où se joueront non seulement l’avenir du bureau de l’Assemblée provinciale, mais aussi l’équilibre des forces au sein de la première institution de la capitale.
La rédaction de b-onetv.cd


