Les autorités urbaines veulent mettre fin aux dérives tarifaires et au désordre dans le transport en commun de la capitale. À peine installé, le nouveau ministre provincial des Transports de Kinshasa, Jésus-Noël Sheke, place déjà la régulation du secteur parmi ses priorités. Dans un communiqué publié mercredi, il a réaffirmé l’application stricte des mesures arrêtées en décembre 2024 par le gouverneur Daniel Bumba, notamment l’interdiction de pratiquer des tarifs supérieurs à la grille officielle, de modifier les itinéraires et l’obligation pour chaque véhicule de publier clairement le trajet et le tarif fixé.
« L’interdiction formelle de pratiquer des tarifs supérieurs à ceux fixés par la réglementation, de modifier ou de dévier les itinéraires officiels, ainsi que l’affichage obligatoire de l’itinéraire et du tarif officiel demeure d’application stricte et immédiate », a rappelé le ministre, citant l’Arrêté N°SC/0180/KB/GVK/BLD/2024 du 17 décembre 2024. Ces mesures visent à restaurer la discipline et à protéger les usagers souvent confrontés à des surfacturations arbitraires, notamment sous les formules populaires « solola-bien », « demi-terrain » ou « hausse des prix », devenues monnaie courante dans les artères de Kinshasa.
Le ministre Jésus-Noël Sheke a averti que les autorités ne toléreront plus les violations de la grille tarifaire. Deux sanctions majeures sont désormais prévues : la mise en fourrière immédiate des véhicules pris en infraction et une amende de 2 250 000 francs congolais (environ 900 USD). Si la date d’entrée en vigueur n’a pas encore été communiquée, le ministre a insisté sur le fait que ces dispositions visent à « restaurer l’ordre et la crédibilité du transport public dans la capitale », un secteur miné par le désordre et la spéculation.
La grille tarifaire fixée par l’arrêté du gouverneur en décembre 2024 demeure la référence. Elle prévoit notamment : 500 FC : Marché de la Liberté – Kingasani (Pascal) – Mikonga/Bibwa; 1 000 FC : Kinkole commune / Masina Petro Congo / Ndjili Sainte-Thérèse / Bon Marché; 1 500 FC : Kimbanseke / Victoire / N’sele; 2 000 FC : Matadi Kibala / Menkao / Maluku; 2 500 FC : Masina Petro Congo – Kingasani II – Ndjili Sainte-Thérèse (au départ du centre-ville)
Cette tarification avait suscité des vives réactions à son annonce, notamment de la part des chauffeurs de taxi-bus et de taxi-motos qui jugeaient les montants « irréalistes » au regard du coût du carburant, du mauvais état des routes et des embouteillages chroniques. En décembre 2024, l’ancien ministre provincial Bob Amiso avait dû accorder un moratoire de 10 jours pour permettre aux associations de transporteurs de vulgariser la mesure auprès de leurs membres. Malgré cela, plusieurs conducteurs avaient lancé une grève quelques jours plus tard, paralysant la circulation dans certaines communes de la capitale.
Ces derniers réclamaient une révision du système de versement quotidien imposé par les propriétaires des véhicules, estimant que le respect des nouveaux tarifs les mettrait en difficulté financière. En réaffirmant l’application stricte de l’arrêté du gouverneur, le ministre Jésus-Noël Sheke veut envoyer un signal fort : l’Hôtel de Ville entend désormais faire respecter l’ordre dans un secteur stratégique mais souvent anarchique.
Reste à savoir si cette nouvelle fermeté sera suivie d’une concertation avec les transporteurs, condition essentielle pour éviter un nouveau bras de fer social. Pour l’heure, la population de Kinshasa, lassée par les prix fluctuants et les trajets tronqués, attend de voir si ces annonces se traduiront par une véritable amélioration du service et du respect des règles dans les rues de la capitale.
La rédaction de b-onetv.cd


