Le ton est monté d’un cran au grand marché de Kinshasa, communément appelé “Zando”. Ce lundi, les autorités ont lancé une vaste opération de démolition et de dégagement des emprises publiques dans plusieurs artères stratégiques autour du plus grand centre commercial de la capitale congolaise.
Sous le bruit des bulldozers et la surveillance des forces de l’ordre, les avenues Kasa-Vubu, Bokasa et Rwakadingi ont été ciblées par cette intervention musclée visant à libérer les voies publiques envahies depuis plusieurs années par des installations anarchiques et des étalages improvisés.
Des constructions de fortune, kiosques et marchandises exposées sur les trottoirs ont été démolis au fur et à mesure de l’avancée des engins. Les autorités affichent une ligne ferme : restaurer l’ordre urbain et fluidifier la circulation autour de cette zone devenue l’un des points noirs de Kinshasa.
Dans plusieurs coins du marché, la tension était palpable. Certains vendeurs tentaient encore de récupérer leurs biens à la dernière minute, pendant que d’autres dénonçaient une opération brutale menée sans suffisamment de mesures d’accompagnement. Malgré cela, les autorités maintiennent une politique de “tolérance zéro”. Les commerçants récalcitrants s’exposent désormais à la saisie de leurs marchandises ainsi qu’à des interpellations.
Plusieurs vendeurs ont d’ailleurs été arrêtés au cours de l’opération pour avoir refusé de libérer les espaces concernés. Cette campagne s’inscrit dans la volonté des autorités provinciales de réorganiser l’espace urbain de Kinshasa, confronté depuis des années à l’occupation anarchique des routes, trottoirs et caniveaux par le commerce informel. À Zando, où des milliers de personnes convergent chaque jour, l’encombrement chronique provoque régulièrement embouteillages, insalubrité et difficultés de mobilité.
Pour les autorités, cette opération marque le début d’une nouvelle phase de restauration de l’autorité de l’État dans les espaces publics. Mais sur le terrain, plusieurs commerçants appellent déjà à des solutions alternatives et à l’aménagement de véritables espaces de vente afin d’éviter une crise sociale dans ce haut lieu du commerce populaire kinois.
Junior Kulele


