Le décor était digne d’un marché surchauffé ce vendredi matin près du rond-point SOCIMAT, à la Gombe. Au centre d’obtention des nouveaux permis de conduire biométriques, la foule compacte des requérants a fini par tourner à la cohue. Venus pour passer le test écrit, l’épreuve pratique ou encore la capture biométrique, des centaines de demandeurs ont passé des heures, parfois deux journées entières, sans être reçus. Entre files interminables et organisation chaotique, la tension est montée d’un cran.
« Nous dormons presque sur place, mais rien n’avance », lâche, excédé, un candidat bloqué à l’entrée. Les cris, les protestations et les regards épuisés traduisent la colère d’une foule qui se sent abandonnée.

À la section Météo de la CONADEP, où se déroule l’opération, les conditions d’accueil laissent pantois. Pas de chaises, pas de tentes, pas même un banc pour soulager l’attente. Sous le soleil de Kinshasa, des dizaines de personnes restent debout des heures durant, un « exercice physique » imposé, faute de mieux.
Comme si cela ne suffisait pas, la galère s’étend jusqu’à la RawBank, où l’achat de la fiche pour obtenir le passeport vire au cauchemar. Des clients racontent avoir passé des journées entières sans parvenir à être servis. « On nous dit de revenir demain, mais demain ressemble à hier », confie un demandeur, amer.
Entre permis de conduire et passeport, le constat est le même : les Congolais affrontent un parcours du combattant administratif où patience, résistance et colère deviennent des compagnons de file d’attente. Au cœur de la capitale, la modernisation promise se heurte à la dure réalité d’un service débordé et mal organisé.


