À Kinshasa, les automobilistes et motocyclistes bénéficient désormais d’un répit. La Régie des Fourrières et de Contrôle Technique des Véhicules de Kinshasa (RFCK) a annoncé la suspension temporaire des opérations de contrôle des vignettes et des procès-verbaux de contrôle technique sur toute l’étendue de la capitale.
Cette mesure, présentée comme une « période de courtoisie routière », vise à offrir aux usagers un délai supplémentaire pour régulariser leur situation avant le lancement d’une vaste opération de recouvrement forcé qui sera officiellement déclenchée par le gouverneur de la ville, Daniel Bumba.
Dans son communiqué publié ce jeudi 7 mai, la RFCK rappelle que la seconde échéance du contrôle technique des véhicules est entrée en vigueur depuis le 1er avril 2026. Malgré cela, de nombreux conducteurs ne se sont toujours pas conformés aux obligations réglementaires imposées aux véhicules circulant dans la capitale congolaise.
Face à cette situation, les autorités préfèrent, pour l’instant, privilégier une approche pédagogique avant le durcissement annoncé des contrôles. Les particuliers, les entreprises privées, les institutions internationales ainsi que les missions diplomatiques sont donc invités à présenter volontairement leurs véhicules dans les centres agréés afin d’obtenir leurs documents de conformité.
La mesure concerne également les motos à deux, trois et quatre roues, devenues omniprésentes dans la circulation kinoise. Le secteur des motos-taxis, souvent pointé du doigt pour l’absence de contrôle technique et les risques sécuritaires qu’il représente, est directement visé par cette campagne de régularisation.
Autre précision importante : les véhicules administratifs de moins de 20 tonnes ne sont pas exemptés. La RFCK insiste sur le fait que les plaques officielles de l’administration publique ne dispensent pas du contrôle technique obligatoire. Les services de l’État sont donc appelés, eux aussi, à se conformer aux procédures en vigueur dans les centres homologués.
Cette suspension temporaire intervient dans un contexte où Kinshasa fait face à une circulation de plus en plus anarchique. Entre véhicules vétustes, absence de contrôle régulier, embouteillages chroniques et multiplication des accidents, les autorités cherchent à renforcer progressivement la discipline routière dans une ville de plus de quinze millions d’habitants.
Le contrôle technique reste en effet un enjeu majeur de sécurité publique. Il permet notamment de vérifier l’état mécanique des véhicules, le système de freinage, les pneus, l’éclairage ou encore les émissions polluantes. À Kinshasa, plusieurs accidents graves enregistrés ces dernières années ont souvent été liés à des défaillances techniques sur des véhicules en mauvais état.
À travers cette période de tolérance, la RFCK veut donc éviter les tensions et les sanctions immédiates, tout en préparant le terrain à une opération de contrôle généralisé qui pourrait, dans les prochaines semaines, entraîner des immobilisations massives de véhicules non conformes. Pour les usagers, le message est clair : cette suspension n’est pas une annulation des obligations, mais une dernière fenêtre avant le retour des contrôles stricts dans les rues de la capitale congolaise.
La rédaction de b-onetv.cd


