La tension reste vive ce mardi dans le quartier Kingabwa, commune de Limete, à Kinshasa, à la suite des opérations de démolition menées dans la cité Pakadjuma. Selon plusieurs sources concordantes, au moins trois personnes auraient été tuées par balles, tandis que plusieurs blessés par armes blanches ont été recensés. Une station-service a également été vandalisée et pillée au cours des affrontements.

Ces violences surviennent dans le sillage d’une opération de déguerpissement visant des constructions anarchiques installées le long de la voie ferrée. L’opération a été décidée par l’Hôtel de Ville de Kinshasa à la demande de l’Office national des transports (ONATRA), dans le but de libérer l’emprise ferroviaire, d’améliorer l’exploitation du réseau et de garantir la sécurité ainsi que la fluidité du trafic ferroviaire. Depuis le lundi 9 février, les démolitions se poursuivent dans la zone. Ce mardi matin, des habitants de Pakadjuma ont vivement contesté la mesure, affrontant les forces de l’ordre déployées pour sécuriser l’opération.
Des jets de projectiles contre les policiers et les équipes de démolition ont été signalés, illustrant un climat de forte crispation sociale.
Accusations de pillages et climat de méfiance
Certains résidents dénoncent également des cas présumés de vols de biens personnels durant l’opération, ce qui a accentué la colère et la méfiance au sein de la population affectée. Ces accusations n’ont pas encore été confirmées par les autorités. À l’heure actuelle, la situation demeure sous haute surveillance, tandis que les autorités urbaines poursuivent l’opération de libération du site.
Aucun communiqué officiel détaillé n’a encore été publié pour clarifier les circonstances des décès ni préciser les mesures envisagées pour apaiser les tensions et accompagner les populations déguerpies.
Taz Mayimona Russell


