La crise institutionnelle qui secouait l’Assemblée provinciale du Kongo-Central a atteint son point culminant avec la déchéance du président Papy Mantezolo, suivie des démissions du vice-président et du rapporteur du bureau. Ce tournant majeur intervient après plusieurs semaines de tension, marquées par des pétitions et des accusations de mauvaise gestion.
Lors de la séance plénière organisée pour statuer sur la pétition visant le président, 22 députés ont voté pour sa déchéance, 2 ont voté contre, et 1 s’est abstenu. Ce vote marque la fin officielle du mandat de Papy Mantezolo, élu de Luozi, à la tête de l’organe délibérant provincial. Réagissant Papy Mantezolo a dénoncé un traitement “dilatoire” et “forcé” de la pétition, évoquant même l’implication de “forces extérieures” qui, selon lui, chercheraient à favoriser l’instabilité institutionnelle au sein du Kongo-Central.
Des propos immédiatement rejetés par le député Guylain Panzu, élu de Lukula et porte-parole des 22 pétitionnaires, à l’origine de la procédure. Il a affirmé que la démarche des députés respectait le cadre légal et le règlement intérieur, tout en accusant Mantezolo d’avoir mal interprété le processus démocratique. « Les allégations de l’ancien président ne reposent sur rien. Sa démission et la déchéance de son bureau sont le résultat d’un processus parlementaire régulier et conforme au règlement intérieur », a déclaré Guylain Panzu, en marge de la plénière.
Ces démissions en chaîne président, vice-président et rapporteur interviennent dans un contexte de reproches multiples formulés contre le bureau sortant, notamment sur la gestion administrative et financière de l’Assemblée. Les pétitionnaires l’accusaient également d’un manque de transparence et d’une gouvernance jugée autoritaire. Avec la fin du bureau Mantezolo, le bureau d’âge organe provisoire chargé d’assurer la continuité institutionnelle reprend la main. Sa principale mission est désormais d’organiser les élections du bureau définitif, qui devraient se tenir dans les tout prochains jours, selon des sources internes à Matadi.
Cette recomposition interne pourrait ouvrir la voie à une accalmie institutionnelle après plusieurs semaines de turbulences. Toutefois, la bataille politique pour le contrôle du futur bureau s’annonce déjà vive, de nombreux noms circulant pour occuper les postes vacants. Les observateurs espèrent que cette transition permettra à l’Assemblée provinciale du Kongo-Central de retrouver sa stabilité, de renforcer son rôle de contrôle sur l’exécutif provincial et de relancer ses activités législatives au service de la population.
Elrick Elesse


