Le Directeur pays de la Banque mondiale en République démocratique du Congo a animé, lundi, un échange avec la presse consacré à la situation économique nationale et aux perspectives de développement. Cette rencontre, organisée dans la foulée des Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI d’octobre dernier, a permis de faire le point sur la mise en œuvre des engagements pris en faveur du pays.
D’entrée de jeu, l’institution a souligné la performance économique récente de la RDC, marquée par une croissance moyenne de 6,4 % du PIB. Une progression appréciable, mais qui ne parvient toujours pas à réduire une pauvreté touchant près de 80 % de la population. Ce paradoxe est exacerbé par l’insécurité persistante dans l’Est, où l’occupation de certaines zones bloque l’exécution de nombreux projets de développement.
Albert Zeufack, Directeur pays de la Banque mondiale, a également pointé la forte dépendance du pays au secteur minier, moteur principal de la croissance mais peu générateur d’emplois. « Sans emplois, la croissance ne bénéficie à personne », a-t-il averti, soulignant qu’une diversification économique s’impose désormais comme une priorité absolue.
Pour la Banque mondiale, la création d’emplois doit devenir le pilier central de la stratégie de développement. Plusieurs leviers ont été identifiés : valorisation accrue des minerais, développement de services à haute valeur ajoutée comme le numérique et la manufacture, modernisation des infrastructures essentielles, transformation agricole pour renforcer les liens entre villes et campagnes, ainsi qu’une accélération des réformes visant à améliorer le climat des affaires.
Albert Zeufack a également insisté sur le rôle indispensable du capital privé. Dans un contexte où l’État ne peut plus porter seul les investissements, « le capital privé doit devenir un partenaire majeur », a-t-il affirmé. Deux projets structurants ont été mis en avant pour leur potentiel de transformation : le méga-barrage d’Inga et le corridor de Lobito. Ces infrastructures, actuellement en avancée significative, sont perçues comme de puissants leviers d’intégration régionale et de diversification économique.
Le gouvernement bénéficie parallèlement d’un appui budgétaire de 600 millions de dollars destiné à soutenir l’accès à l’énergie et les réformes engagées. La Banque mondiale recommande toutefois d’étendre ces réformes aux entreprises publiques, jugées déterminantes pour renforcer la performance économique nationale. Enfin, l’institution a rappelé que son soutien financier à la RDC prend la forme de prêts concessionnels à un taux de 0,75 %, remboursables sur 20 à 30 ans, conçus pour accompagner durablement les pays confrontés à des défis structurels majeurs.
Ce café de presse a ainsi mis en évidence que, malgré son immense potentiel, la RDC ne pourra convertir sa croissance actuelle en progrès social qu’à travers la création massive d’emplois, la diversification de son économie et le développement d’infrastructures capables de soutenir une croissance réellement inclusive.
Constantin Ntambwe


