La Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC) ont décidé d’intensifier leurs efforts pour une paix durable. À travers leur initiative intitulée « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans les Grands Lacs », ces deux grandes confessions religieuses congolaises sollicitent l’implication des organisations régionales, notamment la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC).
La démarche de la CENCO et de l’ECC s’inscrit dans une logique de mobilisation collective et de recherche d’une approche holistique pour mettre fin aux conflits qui ravagent la région. Dans leur correspondance adressée aux présidents Emmerson Mnangagwa (Zimbabwe) et William Ruto (Kenya), respectivement à la tête de la SADC et de l’EAC, les responsables religieux ont insisté sur l’urgence de la situation et la nécessité d’un soutien accru de la sous-région.
Le choix du timing est particulièrement stratégique. L’initiative des deux églises est dévoilée alors que se tient, les 7 et 8 février 2025 à Dar es Salam (Tanzanie), un sommet conjoint SADC-EAC axé sur la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC. En portant leur message à cette occasion, la CENCO et l’ECC espèrent sensibiliser les chefs d’État de la région et obtenir leur soutien pour une solution durable.
Sur le plan national, la CENCO et l’ECC assurent avoir déjà obtenu le soutien de nombreux acteurs politiques, de la société civile et des mouvements citoyens congolais. Leur initiative a également été présentée au président de la République, Félix Tshisekedi, qui aurait exprimé son intérêt. Selon les signataires du Pacte social, la paix en RDC ne saurait être l’affaire d’un seul individu ou d’un seul gouvernement, mais nécessite un engagement collectif et une dynamique de cohésion sociale.
Si l’initiative des églises congolaises est saluée pour son approche inclusive et sa vision à long terme, elle devra faire face à plusieurs défis :
L’adhésion effective des gouvernements de la sous-région : la SADC et l’EAC sont déjà engagées sur le terrain, avec des efforts diplomatiques et militaires pour tenter de stabiliser la situation. La question est de savoir dans quelle mesure ces organisations pourraient intégrer cette nouvelle approche dans leurs stratégies actuelles.
L’implication des forces militaires et des groupes armés : la situation sécuritaire en RDC est complexe, avec une multitude de groupes rebelles et des tensions géopolitiques impliquant plusieurs pays voisins. Une solution purement sociale et diplomatique peut-elle suffire sans une réponse militaire et des engagements politiques fermes ?
L’efficacité du Pacte social : l’histoire récente de la RDC a vu de nombreuses tentatives de paix avorter en raison de l’absence de mécanismes de suivi concrets et d’une volonté politique soutenue. La CENCO et l’ECC devront donc veiller à ce que leur initiative ne soit pas qu’une déclaration d’intention, mais qu’elle débouche sur des actions concrètes et mesurables.
La crise dans l’Est de la RDC a longtemps été l’un des conflits les plus meurtriers et les plus complexes du continent africain. En mettant en avant un Pacte social basé sur la cohésion et le vivre-ensemble, la CENCO et l’ECC offrent une approche complémentaire aux efforts diplomatiques et militaires en cours. Cependant, pour que cette initiative aboutisse à des résultats concrets, elle devra être intégrée dans une stratégie globale, incluant des engagements politiques, des garanties sécuritaires et des efforts économiques pour favoriser la stabilité et le développement de la région des Grands Lacs.
L’avenir dira si cette initiative pourra réellement influencer les négociations en cours et constituer une étape clé vers une paix durable en RDC et dans la région.
La rédaction de b-onetv.cd


