Médecins Sans Frontières (MSF) appelle le gouvernement congolais et le Fonds mondial à réintégrer la province du Nord-Kivu dans le huitième cycle de financement (GC8) consacré à la lutte contre le paludisme pour la période 2027-2029. L’organisation estime que l’exclusion de cette province est préoccupante au regard de l’ampleur de la maladie et de la crise humanitaire qui y sévit.

Selon MSF, le Nord-Kivu concentre près de 58 % des consultations liées au paludisme, ce qui en fait l’une des provinces les plus touchées du pays. Pourtant, elle ne figure pas parmi les provinces prioritaires retenues dans la nouvelle programmation du Fonds mondial.
« La province fait déjà face à une épidémie d’Ebola, en plus d’une crise sécuritaire qui perdure depuis plusieurs années. Nous demandons au Fonds mondial et aux autorités congolaises de revoir leur position afin de réintégrer le Nord-Kivu dans ce programme de financement », a déclaré Rasmané Kabore, chef de programme de MSF.
La situation est aggravée par les déplacements massifs de populations provoqués par l’insécurité. Des milliers de familles, contraintes de fuir les violences, vivent dans des forêts ou des zones difficiles d’accès, loin des structures sanitaires, ce qui complique le dépistage et la prise en charge du paludisme.
Dans les zones de santé de Bambo, Kibirizi et Rutshuru, plus de 255 000 cas de paludisme simple et 26 000 cas graves ont été pris en charge grâce aux interventions conjointes de MSF, du ministère de la Santé et de leurs partenaires. À eux seuls, 165 560 patients ont été traités au cours de l’année 2025.

Pour l’organisation humanitaire, l’intégration du Nord-Kivu dans le huitième cycle de financement du Fonds mondial permettrait de renforcer les actions de prévention, d’améliorer l’accès aux traitements et de réduire significativement la mortalité liée au paludisme dans cette province durement éprouvée.
MSF exhorte enfin les autorités sanitaires congolaises et leurs partenaires à garantir une répartition plus équitable des ressources, fondée sur la charge réelle de la maladie, les besoins humanitaires et la vulnérabilité des populations.
Jehovani Mulumba


