Dans le Quartier 3 de Masina, un immeuble défie toutes les lois de l’urbanisme… et peut-être même celles de la nature. Ici, les vivants font la cuisine au-dessus des morts. La frontière entre la vie et la mort se résume à un simple escalier grinçant. Au rez-de-chaussée, une morgue accueille les défunts avec son parfum glaçant. À l’étage, juste au-dessus, des familles vaquent à leurs occupations : on prépare du fufu, on étend du linge, on regarde des séries télé… Bref, on vit.
À Masina, c’est une cohabitation « pacifique » entre deux mondes. Pas besoin de médium pour communiquer avec l’au-delà. Les esprits sont littéralement au-dessous de vos pieds. « Ici, les enfants jouent sur le balcon, pendant que le voisin du dessous prend un aller simple pour l’éternité », ironise un habitant qui, visiblement, a appris à vivre avec cette proximité macabre.
Les rires d’enfants résonnent au-dessus des soupirs des familles endeuillées qui descendent chaque jour ces escaliers pour récupérer le corps d’un proche. Une situation surréaliste qui n’étonne pourtant personne dans ce coin de Kinshasa, où les mètres carrés valent cher et où l’imagination immobilière ne connaît pas de limites.
Entre l’odeur des sardines frites et celle du formol, le nez s’endurcit rapidement. « On s’habitue à tout », confie une maman, tout en surveillant sa marmite qui mijote. « Les morts ne font pas de bruit, eux au moins », ajoute-t-elle, avec un sourire fataliste. Ici, la promiscuité est telle que l’on se demande si les défunts ne paient pas eux aussi leur part de loyer. Après tout, ce n’est qu’une question de mètres carrés, non ?
Cette cohabitation improbable résume toute l’âme de Kinshasa : débrouille, humour noir et résilience. Dans cette ville où la vie est rude, même les morts n’échappent pas au manque de place. Et si cette morgue perchée sous des appartements familiaux choque les visiteurs, pour les habitants du quartier, c’est juste « la vie ».
Junior Kulele
Dans le Quartier 3 de Masina, un immeuble défie toutes les lois de l’urbanisme… et peut-être même celles de la nature. Ici, les vivants font la cuisine au-dessus des morts. La frontière entre la vie et la mort se résume à un simple escalier grinçant. Au rez-de-chaussée, une morgue accueille les défunts avec son parfum glaçant. À l’étage, juste au-dessus, des familles vaquent à leurs occupations : on prépare du fufu, on étend du linge, on regarde des séries télé… Bref, on vit.
À Masina, c’est une cohabitation « pacifique » entre deux mondes. Pas besoin de médium pour communiquer avec l’au-delà. Les esprits sont littéralement au-dessous de vos pieds. « Ici, les enfants jouent sur le balcon, pendant que le voisin du dessous prend un aller simple pour l’éternité », ironise un habitant qui, visiblement, a appris à vivre avec cette proximité macabre.
Les rires d’enfants résonnent au-dessus des soupirs des familles endeuillées qui descendent chaque jour ces escaliers pour récupérer le corps d’un proche. Une situation surréaliste qui n’étonne pourtant personne dans ce coin de Kinshasa, où les mètres carrés valent cher et où l’imagination immobilière ne connaît pas de limites.
Entre l’odeur des sardines frites et celle du formol, le nez s’endurcit rapidement. « On s’habitue à tout », confie une maman, tout en surveillant sa marmite qui mijote. « Les morts ne font pas de bruit, eux au moins », ajoute-t-elle, avec un sourire fataliste. Ici, la promiscuité est telle que l’on se demande si les défunts ne paient pas eux aussi leur part de loyer. Après tout, ce n’est qu’une question de mètres carrés, non ?
Cette cohabitation improbable résume toute l’âme de Kinshasa : débrouille, humour noir et résilience. Dans cette ville où la vie est rude, même les morts n’échappent pas au manque de place. Et si cette morgue perchée sous des appartements familiaux choque les visiteurs, pour les habitants du quartier, c’est juste « la vie ».
Junior Kulele


