Nouvelle sortie controversée du général Muhoozi Kainerugaba, chef d’état-major de l’armée ougandaise, sur le réseau social X (anciennement Twitter). Dans un message particulièrement choquant, l’officier supérieur a franchi une ligne rouge en s’attaquant directement à l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo (RDC).
« En fin de compte, Kisangani sera annexée à l’Ouganda », a-t-il écrit dans un tweet largement relayé et vivement critiqué.
Une déclaration perçue par beaucoup comme une menace explicite, une insulte à la souveraineté de la RDC, et une provocation gratuite, qui réveille les douloureux souvenirs des affrontements meurtriers entre les armées ougandaise et congolaise à Kisangani entre 1999 et 2000, au prix de centaines de morts.
Muhoozi n’en est pas à son coup d’essai. Ces derniers mois, il s’était déjà illustré par des propos hostiles, allant jusqu’à menacer d’attaquer les positions des FARDC et de faire arrêter un gouverneur militaire congolais, en l’occurrence le lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama en Ituri.
Ce comportement belliqueux, amplifié par la portée des réseaux sociaux, suscite de vives interrogations au sein de l’opinion publique congolaise, notamment sur le mutisme des autorités congolaises face à ce qui s’apparente à une dérive diplomatique grave.
D’autant plus que le général Muhoozi avait été reçu en juin dernier à Kinshasa par le président Félix Tshisekedi, dans le cadre d’un rapprochement entre les FARDC et les UPDF (Forces de défense du peuple ougandais), visant à renforcer la coopération militaire dans la lutte contre les groupes armés à l’Est.
Cette nouvelle sortie jette un froid sur des relations bilatérales qui semblaient s’améliorer. L’opinion s’interroge désormais : quelle crédibilité accorder à un partenariat militaire, quand son principal représentant menace l’intégrité du territoire congolais ?
La diplomatie congolaise est désormais attendue au tournant. Le silence n’est plus une option face à une déclaration qui frôle l’incident diplomatique majeur. Pour beaucoup, le respect de la souveraineté nationale ne peut être sujet à l’arrogance militaire, ni réduit à un tweet.
Elrick Elesse


