Le Président de la République a procédé à une vague de nominations à la tête de plusieurs entreprises publiques stratégiques, dans les secteurs de l’aviation civile, de l’électricité et des mines. Les ordonnances présidentielles ont été lues sur la RTNC par Tina Salama, porte-parole du Chef de l’État, marquant un nouveau tournant dans la gouvernance des entreprises du portefeuille de l’État.
RVA, ARE et sociétés minières : de nouveaux visages aux commandes
Régie des Voies Aériennes (RVA)
Tryphon Kin-Kiey Mulumba reconduit Président du Conseil d’administration (PCA);
Louis-Blaise Londole nommé Directeur général (DG);
Vincent Puka nommé Directeur général adjoint (DGA)
Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE)
Jean-Marie Beya nommé PCA;
Soraya Aziz Souleymane nommée Directrice générale;
Marco Kuyu nommé Directeur général adjoint
Société aurifère du Kivu et du Maniema (SAKIMA)
Makolo Kamuena Kanana nommé PCA;
Guy-Robert Lukiama Kuzi nommé DG;
Nguama Mahuma Théodore nommé DGA
Société minière de Kilomoto (SOKIMO)
François Kakese Kimaza nommé PCA;
Yannick Nzonde nommé DG;
Placide Nkala nommé DGA
Gécamines
Deogratias Ngele Masudi nommé PCA;
Baraka Kabemba nommé DG;
Jacques Masangu nommé DGA chargé des questions financières;
Ludovic Munga nommé DGA chargé des opérations minières et du développement
SOKIMO : fin de mission pour Pistis Bononga, soulagement syndical

À la SOKIMO, la nomination de Yannick Nzonde au poste de Directeur général marque la fin de mandat de Pistis Bononga, dont la gestion a été vivement critiquée par les syndicats. Ces derniers se disent “à moitié satisfaits”, rappelant avoir demandé sa démission pour incompétence et mauvaise gouvernance. Ils évoquent des grèves, des soulèvements et des manifestations provoqués par ce qu’ils qualifient de « barbarie managériale » et de dérives de gestion.
« Nous attendons de la nouvelle équipe la concrétisation de la vision du Chef de l’État », ont-ils déclaré, espérant une relance effective de la société, autrefois fleuron de l’économie nationale. La SOKIMO traîne plus de 100 mois d’arriérés de salaires, dont une vingtaine accumulés sous la direction sortante, selon les syndicalistes. Ils dénoncent la transformation de cette entreprise historique en “vache à lait pour des politiciens”, au détriment de la production aurifère et des conditions sociales des travailleurs.
Ce remaniement massif intervient dans un contexte où les entreprises publiques congolaises sont confrontées à des défis de performance, de gouvernance et de transparence. En nommant de nouvelles équipes dirigeantes, le Chef de l’État envoie un signal politique fort : celui d’une volonté de réforme et de résultats. Mais la réussite de ces nominations dépendra de plusieurs facteurs : la capacité des nouveaux dirigeants à assainir la gestion financière ;
la relance de la production et des investissements ; la pacification du climat social, notamment dans les entreprises minières ; et la rupture avec les pratiques de prédation dénoncées depuis des décennies.
Dans un pays où les entreprises publiques sont à la fois des leviers économiques et des instruments politiques, ce casting managérial est aussi un pari politique. Reste à savoir si ces nouveaux visages incarneront une rupture réelle ou une simple rotation des élites.
La rédaction de b-onetv.cd


