Dans un système de santé confronté à d’importants défis logistiques et organisationnels, l’heure est désormais à la coordination. L’Agence Nationale du Médicament (ANAMED) et le Fonds pour la Promotion de la Santé (FPS) ont décidé d’unir davantage leurs efforts afin de renforcer l’efficacité de la chaîne d’approvisionnement des produits de santé en République démocratique du Congo.

Réunis à l’hôtel Béatrice de Kinshasa à la fin de la semaine dernière, les Directeurs généraux des deux institutions ont tenu une séance de travail stratégique destinée à harmoniser leurs interventions et à améliorer la gouvernance du secteur pharmaceutique national. Au centre des échanges figurait la nécessité de clarifier les rôles et responsabilités de chaque structure dans la gestion des intrants sanitaires. Les deux parties ont procédé à une revue approfondie des mécanismes existants afin de lever toute zone d’ombre susceptible de créer des chevauchements de compétences ou de ralentir la distribution des produits essentiels vers les établissements de santé.
L’une des principales avancées issues de cette rencontre concerne la distinction désormais clairement établie entre la gestion des médicaments et celle des équipements médicaux. Si ces deux composantes demeurent complémentaires dans l’offre des soins, leurs circuits de financement et leurs modalités de gestion devront désormais suivre des procédures distinctes. Cette nouvelle approche permettra au FPS de mieux encadrer ses interventions financières, tandis que l’ANAMED pourra exercer pleinement son rôle de régulation et de contrôle du secteur pharmaceutique.
Les discussions ont également porté sur l’appui technique sollicité par l’ANAMED pour l’organisation d’un prochain atelier spécialisé. À cette occasion, le FPS a insisté sur le respect des procédures administratives et institutionnelles, conditionnant son accompagnement financier à une formalisation préalable impliquant le ministère de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale. Pour les deux institutions, cette exigence vise à garantir la cohérence des activités envisagées avec les orientations de la politique sanitaire nationale et à renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques.
À travers cette convergence de vues, l’ANAMED et le FPS posent les fondations d’un partenariat reposant sur la complémentarité, la redevabilité et le respect des mandats légaux. Une démarche saluée par plusieurs observateurs du secteur, qui y voient un levier important pour assainir le marché pharmaceutique congolais et améliorer durablement la disponibilité des médicaments et autres produits de santé de qualité sur l’ensemble du territoire.
Cette dynamique s’inscrit par ailleurs dans la stratégie d’ouverture et de concertation engagée par la direction générale de l’ANAMED. Quelques jours auparavant, son Directeur général, le professeur Jean-Paul Tshilumbu, avait déjà reçu en audience le Directeur général du Programme National d’Approvisionnement en Médicaments (PNAM), Franck Biaya.
La multiplication de ces consultations témoigne d’une volonté affirmée de fédérer l’ensemble des acteurs du secteur autour d’un objectif commun : bâtir une chaîne d’approvisionnement plus performante, plus transparente et capable de répondre efficacement aux besoins sanitaires des populations congolaises.
|C. Francis


