La capitale congolaise vit une nouvelle phase de sa politique de réorganisation urbaine. Après la démolition des habitations anarchiques érigées le long de la voie ferrée à Pakadjuma, dans la commune de Limete, les autorités provinciales ont lancé une opération de relogement des populations déguerpies vers un site aménagé à Kinkole, dans la commune de la N’Sele.
Pour coordonner cette opération sensible, le gouverneur de la ville, Daniel Bumba Lubaki, a ordonné la mise en place d’une commission mixte chargée de l’identification et de la prise en charge des ménages affectés. Cette structure regroupe des représentants du gouvernement provincial, de la Société commerciale des transports et des ports (SCTP), de la BSPE/BESK, de la Police nationale congolaise ainsi que de la 14ᵉ légion militaire.
Réunie ce jeudi, la commission a entamé l’évacuation progressive des occupants vers Kinkole, un site présenté comme une zone d’accueil temporaire dans le cadre du processus de restructuration de l’emprise ferroviaire. Au-delà du volet humanitaire, l’opération s’inscrit dans une stratégie plus large visant la réhabilitation du corridor ferroviaire de Kinshasa. Les autorités annoncent des travaux d’assainissement, de sécurisation et de remise en état de l’emprise ferroviaire, en prélude à la reprise effective du trafic du train urbain, un projet clé pour désengorger la circulation dans la mégapole.
Cette action s’inscrit dans la campagne provinciale « Retour à la norme », lancée par le gouverneur Daniel Bumba pour lutter contre l’occupation illégale des espaces publics et les constructions anarchiques. L’exécutif provincial prévient qu’aucune réinstallation ne sera tolérée à Pakadjuma et que des sanctions sévères viseront les contrevenants.
Entre sécurité urbaine et urgence sanitaire
Les autorités justifient également l’opération par des impératifs de sécurité et de santé publique. Le site de Pakadjuma est considéré comme un point critique pour la propagation du choléra, en raison de l’insalubrité chronique et de la promiscuité extrême. La libération de l’emprise ferroviaire devrait aussi améliorer la sécurité des usagers de l’avenue Poids Lourds et contribuer à fluidifier la mobilité urbaine dans cette partie stratégique de la ville.
Si la démolition de Pakadjuma marque un tournant symbolique dans la politique urbaine de Kinshasa, la question du relogement durable demeure centrale. Le défi pour l’Hôtel de Ville sera de transformer cette opération de déguerpissement en un véritable projet d’intégration urbaine, afin d’éviter la reconstitution de nouveaux bidonvilles ailleurs dans la capitale. Entre impératif d’ordre urbain et exigence sociale, Kinshasa entre dans une phase décisive de sa modernisation territoriale.
La rédaction de b-onetv.cd


