Au Stade Tata Raphaël, à Kinshasa, la cérémonie officielle de la Journée internationale des droits des femmes a rassemblé ce dimanche plusieurs autorités politiques et des milliers de participantes venues célébrer la place et le rôle des femmes dans la société congolaise.

Parmi les personnalités présentes figuraient la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, la Première Dame Denise Nyakeru Tshisekedi ainsi que la ministre du Genre, Famille et Enfant Micheline Ombaé Kalama. Ensemble, elles ont porté un message axé sur les droits, l’autonomisation et la résilience des femmes congolaises. Dans son intervention, la Première Dame Denise Nyakeru Tshisekedi a salué la détermination des femmes congolaises, qu’elle considère comme un moteur essentiel du progrès social.
Selon elle, la force et l’engagement des femmes représentent un véritable levier pour le développement du pays. Elle a également insisté sur l’importance de la solidarité féminine pour faire avancer les droits des femmes : « Je reste convaincue que c’est ensemble que nous sommes plus fortes », a-t-elle déclaré devant l’assistance.
Prenant la parole à son tour, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a réaffirmé l’engagement du gouvernement en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes en République démocratique du Congo. Elle a assuré que l’autonomisation durable des femmes et des filles constitue désormais une priorité stratégique de l’action publique.
« Ce n’est plus un simple thème de célébration. C’est un axe central de notre action gouvernementale », a-t-elle affirmé. La cheffe du gouvernement a souligné que cette ambition concerne tous les secteurs de la vie nationale : la politique, la sécurité, l’économie, l’éducation ou encore la culture.

Pour Judith Suminwa, la question ne relève pas d’une faveur accordée aux femmes mais d’un principe fondamental : « L’autonomisation des femmes et des filles n’est ni un privilège ni un cadeau. C’est un droit fondamental. »
Au cours de la cérémonie, une attention particulière a été portée à la situation des femmes vivant dans les zones affectées par les conflits armés. La ministre du Genre, Micheline Ombaé Kalama, a rappelé que de nombreuses Congolaises continuent de subir les conséquences des violences et de l’insécurité, notamment dans l’Est du pays.
« Nos pensées vont vers nos sœurs de l’Est qui traversent des moments difficiles », a-t-elle déclaré, soulignant que les femmes restent souvent les premières victimes des conflits mais aussi les premières actrices de la paix et de la cohésion sociale.

L’édition 2026 de cette journée a été célébrée en RDC sous le thème national : « Droits garantis, autonomisation durable pour toutes les femmes et les filles ». Ce thème s’inspire directement du mot d’ordre international : « Droits, justice et action pour toutes les femmes et les filles », qui appelle à transformer les engagements politiques en résultats concrets.
Si la RDC a enregistré certaines avancées en matière de participation politique des femmes notamment avec la nomination d’une Première ministre les défis restent considérables. Les femmes congolaises continuent de faire face à plusieurs obstacles : inégalités économiques persistantes ; accès limité à certaines opportunités professionnelles ; violences basées sur le genre ; sous-représentation dans plusieurs sphères de décision.
Selon plusieurs organisations de défense des droits humains, l’autonomisation économique et l’accès à la justice restent des enjeux majeurs pour améliorer durablement la condition des femmes dans le pays. Au-delà des discours officiels, la célébration au stade Tata Raphaël a été marquée par des défilés, des prestations culturelles et des messages de sensibilisation autour des droits des femmes.
Mais derrière la dimension festive, le 8 mars reste avant tout un rappel des combats encore à mener pour que l’égalité et la dignité deviennent une réalité pour toutes les femmes congolaises. Car en RDC, comme dans de nombreuses régions du monde, la reconnaissance du rôle des femmes dans la société progresse mais la bataille pour leurs droits reste loin d’être terminée.
Junior Kulele


