À quelques jours d’une rentrée parlementaire sous haute tension, Baudouin Mayo Mambeke, député du Mont-Amba, vole au secours du bureau de l’Assemblée nationale dirigé par Vital Kamerhe. Alors que plusieurs élus pétitionnaires l’accusent de mauvaise gestion, le parlementaire estime que ces problèmes ne sont pas le fruit de la volonté du bureau, mais le résultat d’énormes contraintes financières héritées.
« Un bureau confronté à des difficultés structurelles »
Intervenant sur une radio locale, Baudouin Mayo a rappelé que la dotation budgétaire de l’Assemblée nationale a été drastiquement réduite avant même l’installation du bureau Kamerhe : « La dotation de l’Assemblée nationale avait été ramenée de 44 milliards de francs congolais à 28 milliards, bien avant que ce gouvernement n’entre en fonction. Le nouveau bureau a trouvé sur sa table des dettes contractées par l’ancien bureau. Il y a la continuité des services publics de l’État. »
Pour le député, ces contraintes expliquent en partie les tensions internes qui secouent actuellement le Parlement.
Réunions avec les caucus : « laver le linge sale en famille »
Le bureau de l’Assemblée nationale a récemment organisé plusieurs réunions avec les caucus provinciaux des députés. Objectif : apaiser les tensions et clarifier sa gestion.
« Je crois que les députés ont reçu des explications. Nous nous sommes dits des vérités. J’ai participé à la réunion entre le caucus de Kinshasa et le bureau. Le bureau est allé jusqu’à présenter des excuses pour certains comportements, comme le fait de répondre difficilement aux appels ou de recevoir rarement les députés. C’était dû à l’absence de moyens », a confié Mayo.
Appel à une rentrée parlementaire apaisée
Mayo plaide pour une rentrée parlementaire sereine, conformément aux orientations du président Félix Tshisekedi lors de la dernière réunion interinstitutionnelle : « Comme le chef de l’État l’a souhaité, je crois que nous aurons une rentrée parlementaire calme. Car ce n’est que dans l’accalmie que nous pouvons jouer pleinement notre rôle. À moins qu’il y ait des raisons politiques que j’ignore », a-t-il ajouté.
Une session à haut risque
Prévue le 15 septembre, cette session parlementaire s’annonce décisive. Entre la menace de destitution du bureau Kamerhe, visé par les pétitionnaires, et les efforts de ce dernier pour restaurer le calme, le sort de l’Assemblée nationale reste suspendu à des tractations politiques intenses.
Elrick Elesse


