La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo, Bintou Keita, a officiellement fait ses adieux ce vendredi 28 novembre 2025. Reçue par la Ministre d’État, Ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, elle a marqué la fin d’une mission débutée en 2021 à la tête de la MONUSCO, dans un contexte de tensions sécuritaires persistantes et de transition diplomatique majeure.

Entourée de ses adjoints, Bruno Le Marquis et Viviane Van Deperre, Bintou Keita a échangé avec la cheffe de la diplomatie congolaise autour de la continuité du partenariat entre la RDC et les Nations Unies, alors que le pays s’apprête à occuper un siège au Conseil de sécurité dès janvier 2026.
Nommée en pleine recrudescence des violences dans l’Est, Bintou Keita a dirigé la MONUSCO durant l’une des périodes les plus sensibles de la dernière décennie. Sous son mandat, la RDC a été confrontée : à la montée en puissance de la rébellion AFC/M23, aux violences intercommunautaires récurrentes en Ituri, à l’activisme continu des groupes armés locaux et étrangers (ADF, FDLR, CODECO…), aux critiques croissantes de la population envers la présence onusienne.
Malgré ces défis, la mission a poursuivi ses objectifs fondamentaux : protection des civils, appui aux FARDC, réformes du secteur de la sécurité, soutien humanitaire et préparatifs du retrait progressif de la MONUSCO, entamé en 2023. Lors de la rencontre à Kinshasa, Thérèse Kayikwamba Wagner et Bintou Keita ont insisté sur la nécessité de préserver l’élan de coopération engagé entre la RDC et l’ONU.
La cheffe de la diplomatie congolaise a rappelé que le retrait de la MONUSCO devait être « responsable et coordonné », de manière à éviter tout vide sécuritaire dans les provinces encore fragiles.
Bintou Keita a réaffirmé : l’engagement des Nations Unies à accompagner les réformes institutionnelles, le soutien aux efforts de stabilisation, la poursuite de la protection des civils dans les zones encore affectées, le renforcement du partenariat entre les agences de l’ONU et le gouvernement. Cette rencontre intervient alors que l’ONU prépare la transition vers de nouveaux mécanismes de coopération plus axés sur le développement durable, la gouvernance et la consolidation de la paix, en concertation avec Kinshasa.
Bintou Keita a salué le rôle diplomatique grandissant de la RDC, qui siègera au Conseil de sécurité des Nations Unies à partir de janvier 2026. Elle a insisté sur l’importance d’une voix congolaise forte dans les discussions internationales sur la paix et la sécurité, en particulier : la gestion des conflits dans la région des Grands Lacs, la lutte contre les groupes armés internationaux, la défense du multilatéralisme, la prévention des crises humanitaires.
Selon elle, la présence de la RDC au Conseil de sécurité représente une opportunité unique pour « rendre visibles les préoccupations des populations congolaises » et renforcer la coopération entre les États membres. En quittant la RDC après quatre années d’un mandat exigeant, Bintou Keita a adressé un message empreint de reconnaissance envers les autorités congolaises et les populations qu’elle a côtoyées.

Elle a salué : la résilience du peuple congolais, les initiatives du gouvernement pour restaurer la paix dans l’Est, les efforts diplomatiques en cours, notamment dans le cadre des processus de Washington et de Doha. La Ministre d’État a, de son côté, exprimé la gratitude du gouvernement pour le travail accompli et pour la collaboration étroite entretenue avec la MONUSCO, malgré les épisodes de tensions constatés ces dernières années.
La rédaction de b-onetv.cd


