Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont annoncé vendredi le décès du général de brigade Daniel Mwaku, commandant de la 33ᵉ région militaire, alors qu’il était en service à Uvira, dans la province du Sud-Kivu. Selon l’armée, l’officier serait mort à la suite d’un malaise. Mais ce drame suscite de nombreuses interrogations et réactions dans la classe politique.
L’opposant et président de l’ECIDE, Martin Fayulu, a été l’un des premiers à réagir. Dans un message publié sur son compte officiel X, il a salué « le courage et le patriotisme » du général Mwaku, tout en exprimant ses doutes sur les circonstances de sa disparition : « Cette mort suspecte semble s’inscrire dans les plans macabres ourdis contre notre pays. Elle nous rappelle douloureusement les morts des généraux Mbuza Mabe, Mamadou Ndala, Jean-Lucien Bahuma et Peter Cirimwami. »
Présentant ses condoléances à la famille du défunt, Fayulu a rendu hommage à l’officier : « Le général Mwaku a défendu la patrie jusqu’au bout. » Il a par ailleurs réclamé une enquête sérieuse et indépendante afin de déterminer les causes exactes de son décès. Dans son communiqué, l’opposant a également adressé un mot de réconfort aux FARDC, aux combattants Wazalendo ainsi qu’à l’ensemble du peuple congolais : « Tenez bon, nous n’avons qu’une seule RDC. »
La mort du général Mwaku intervient alors que l’Est du pays reste en proie à de violents affrontements avec la rébellion M23/AFC, soutenue par le Rwanda, selon Kinshasa. L’occupation de plusieurs localités du Nord-Kivu et de l’Ituri fragilise les forces loyalistes, déjà éprouvées par des années de guerre. Si Fayulu établit un lien implicite entre cette disparition et la situation sécuritaire actuelle, les FARDC affirment que le général est décédé des suites d’un malaise, sans donner davantage de détails pour le moment.
Cette disparition soulève de nombreuses questions et ravive le souvenir des morts mystérieuses de plusieurs hauts gradés des FARDC, dans un contexte où la confiance envers les institutions sécuritaires est déjà mise à rude épreuve.
Emille Kayomba


