Des députés nationaux congolais réclament l’ouverture d’une enquête parlementaire à la suite des violences survenues dimanche 11 janvier 2026 à Bukama, dans la province du Haut-Lomami. Les affrontements opposant les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à des éléments armés ont fait plusieurs morts et blessés.
Dans une correspondance adressée au président de l’Assemblée nationale, le groupe parlementaire Ensemble sollicite la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire chargée d’établir les faits liés aux événements de Bukama. Les élus évoquent des informations faisant état de décès, de blessés et d’arrestations, et estiment indispensable de situer les responsabilités, face à des versions divergentes communiquées par les différentes autorités impliquées.
Cette initiative parlementaire intervient dans un contexte de vives préoccupations exprimées par la société civile. L’organisation de défense des droits humains Justicia Asbl a accusé les FARDC d’un usage « abusif et disproportionné » de la force lors des incidents. Dans un communiqué l’ONG affirme que des civils non armés auraient été touchés par des balles lors d’échanges de tirs en pleine zone publique.
Justicia Asbl appelle l’auditeur supérieur près la Cour militaire du Katanga à ouvrir un dossier judiciaire à charge des auteurs présumés de violations des droits humains. Elle recommande également l’ouverture d’une enquête indépendante, la prise en charge médicale des blessés dans des structures situées hors de Bukama, ainsi que l’organisation d’obsèques dignes pour les victimes.
De leur côté, les Forces armées de la RDC soutiennent que leurs éléments ont été la cible d’une attaque. Selon un communiqué de l’état-major général, signé par le lieutenant-colonel Mak Mongba Hazukay, porte-parole a.i. des FARDC, une unité déployée à Bukama a été attaquée par des combattants d’un groupe armé identifié comme « Maï-Maï Zoulou ».
Le bilan provisoire communiqué fait état de quatre assaillants neutralisés, de trois blessés dans les rangs des attaquants et d’un militaire blessé du côté de l’armée régulière. « La situation a été rapidement maîtrisée par les forces loyalistes », indique le communiqué, qui assure que toutes les dispositions ont été prises pour garantir la sécurité et permettre à la population de vaquer librement à ses occupations.
Les autorités locales reconnaissent toutefois que les affrontements se sont déroulés en zone habitée. L’administrateur du territoire de Bukama a confirmé que des balles avaient atteint des civils lors des échanges de tirs. Il a précisé qu’un renfort d’environ 60 militaires, en provenance notamment de la base militaire de Kamina, aurait été pris pour cible par des éléments armés, les affrontements ayant duré près d’une heure.
Pour les députés à l’origine de la démarche, la gravité des faits rapportés, les pertes en vies humaines et les accusations contradictoires justifient pleinement l’ouverture d’une enquête parlementaire. Ils estiment qu’une telle investigation permettra de faire toute la lumière sur les circonstances exactes des violences de Bukama et d’en déterminer clairement les responsabilités, dans un souci de vérité, de justice et de respect des droits humains.
La rédaction de b-onetv.cd


