Le président de la République, Félix Tshisekedi, a officiellement autorisé la ratification de la Charte africaine de la statistique (CAS), un instrument juridique adopté par l’Union africaine en 2009 pour renforcer la qualité et la comparabilité des données statistiques sur le continent. L’ordonnance présidentielle signée à cet effet a été lue mercredi 3 septembre 2025 à la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC), consacrant une étape importante dans la modernisation du système statistique national.
« Est autorisée, conformément aux dispositions de l’article 214 alinéa premier de la Constitution, la ratification de la Charte africaine de la statistique, adoptée à la 12ᵉ session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement tenue le 4 février 2009 à Addis-Abeba », stipule l’article 1er de l’ordonnance présidentielle.
Cette décision intervient après l’adoption du projet d’ordonnance-loi lors de la 55ᵉ réunion du Conseil des ministres. Le ministre d’État en charge du Plan et de la coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo, avait rappelé à cette occasion que le système statistique congolais fonctionnait depuis des décennies avec un cadre réglementaire obsolète et inadapté aux standards internationaux. Bien que la RDC ait adhéré dès 1994 aux principes fondamentaux de la statistique officielle des Nations Unies et signé la Charte africaine en février 2010, l’absence de ratification a longtemps limité la capacité du pays à coordonner efficacement ses activités statistiques.
La ratification de la CAS est présentée comme une opportunité majeure pour renforcer la gouvernance statistique et favoriser une planification publique basée sur des données fiables. Elle permettra notamment : D’améliorer la qualité et la comparabilité des données statistiques pour le suivi des politiques publiques ; De promouvoir une culture de la décision basée sur les faits ; De renforcer la coordination des activités statistiques aux niveaux national, régional et continental ; De disposer d’un outil de plaidoyer pour mobiliser des ressources en faveur des institutions statistiques ; De mutualiser les ressources et d’élaborer des méthodologies communes de collecte et diffusion des données ; D’instaurer un cadre d’échanges de bonnes pratiques entre pays africains.
Adoptée en 2009 par l’Union africaine et entrée en vigueur en 2015, la CAS est un cadre de référence destiné à organiser le système statistique africain. Elle vise à renforcer les capacités des institutions, garantir l’indépendance professionnelle des statisticiens, promouvoir la transparence et améliorer la qualité des données à l’échelle continentale. Pour la RDC, son adoption marque un tournant stratégique : elle s’inscrit dans une dynamique de modernisation de l’administration publique et de meilleure planification des politiques de développement, dans un pays où les défis économiques, sociaux et démographiques nécessitent des données fiables et harmonisées.
La décision de Félix Tshisekedi traduit la volonté du gouvernement de placer les statistiques au cœur de la gouvernance nationale. En rejoignant pleinement le cadre statistique africain, la RDC se dote d’outils essentiels pour le suivi de son Programme national de développement, mais aussi pour renforcer son influence dans les négociations régionales et internationales.


