Loin de ses frontières et de ses riches sous-sols, la République Démocratique du Congo a fait résonner une autre voix sur la scène internationale : celle de l’agriculture comme levier de développement durable et de transformation économique. C’était lors de la conférence « Africa Debate », organisée dans la capitale britannique, un événement stratégique qui a rassemblé près de 700 participants venus du monde entier, autour d’un thème central : l’avenir économique du continent africain.
Parmi les intervenants de marque, le président du Kenya, William Ruto, a donné le ton avec un plaidoyer fort en faveur de la souveraineté alimentaire du continent. Mais cette édition s’est surtout distinguée par un focus particulier sur la République Démocratique du Congo, présentée non plus seulement comme une terre minière, mais aussi comme un géant agricole en devenir.
À Londres, la RDC était représentée par plusieurs figures de poids du secteur privé. Monique Gieskes, directrice générale des Plantations et Huileries du Congo (PHC), Wale Adeosun, actionnaire principal du même groupe, ainsi que Marie-Chantal Kaninda, présidente de Glencore RDC, ont porté un discours audacieux, lucide et porteur d’espoir sur le potentiel agricole du pays.
Dans son intervention remarquée, Monique Gieskes a dressé un tableau convaincant du rôle que peut jouer l’agriculture dans la reconstruction et la diversification de l’économie congolaise. Forte de son expérience à la tête des PHC, elle a mis en lumière les efforts de transformation réalisés en seulement trois ans, notamment le doublement de la production et l’impact direct sur les communautés rurales.
« On parle beaucoup des défis liés à l’agriculture. Mais il faut aussi mettre en avant les opportunités. Oui, les défis sont nombreux, mais ils peuvent être transformés en solutions et en leviers d’innovation », a ajouté Wale Adeosun, partageant la vision de sa collègue. Il a également souligné le rôle clé des PHC dans l’autonomisation financière des communautés locales.
Créées il y a 114 ans, les Plantations et Huileries du Congo sont aujourd’hui le plus grand producteur d’huile de palme de la RDC, avec plus de 10 000 employés. Présente dans des provinces stratégiques telles que la Tshopo, la Mongala 2 et l’Équateur, l’entreprise est devenue un modèle de durabilité et d’intégration communautaire.
Au-delà de la production agricole, les PHC investissent dans l’éducation, la santé et la protection de l’environnement, contribuant ainsi à améliorer les conditions de vie dans les zones les plus reculées. Cette approche inclusive positionne l’entreprise comme un acteur central du développement local.
Alors que le pays cherche à s’émanciper de sa dépendance minière, la diversification économique devient une urgence nationale. L’agriculture, de par son potentiel inexploité, est désormais considérée comme un pilier stratégique. À Londres, ce message a été clairement transmis : la RDC ne veut plus seulement être le coffre-fort minier du monde, elle veut aussi nourrir ses populations, créer des emplois, exporter autrement.
Cette vision, portée par des acteurs engagés et soutenue par des résultats concrets, pourrait bien marquer le début d’un nouveau chapitre économique pour la RDC, fondé non pas sur ce que l’on extrait du sol, mais sur ce que l’on y fait pousser.