Une alerte liée à un possible cas de maladie à virus Ebola à Mbanza-Lemba, dans la zone de santé de Lemba, a été invalidée ce mardi 18 août après une investigation menée par les équipes sanitaires. Les autorités rassurent tout en appelant au maintien de la vigilance. La rumeur avait rapidement circulé dans plusieurs quartiers de Kinshasa. Un décès survenu après l’apparition de symptômes évoquant notamment des vomissements avait fait craindre un nouveau cas de maladie à virus Ebola à Mbanza-Lemba, avec un signalement également évoqué autour de la Polyclinique du Mont-Amba.
L’information avait conduit la Division provinciale de la Santé de Kinshasa et ses différents partenaires à déclencher une investigation. Le Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP), structure de l’Institut national de santé publique (INSP), a été mobilisé pour vérifier les faits. Selon le docteur Georges Mutuale Lubo, l’alerte a finalement été invalidée au terme des investigations menées par les équipes de la Division provinciale de la Santé et du COUSP.
Selon les informations qui circulaient depuis lundi, un homme dont le frère aurait été présent sur le bateau précédemment suspecté dans le cadre de la surveillance Ebola aurait quitté celui-ci pour rejoindre son domicile à Mbanza-Lemba. La personne aurait ensuite présenté plusieurs symptômes, notamment des vomissements, avant de décéder. Sa dépouille aurait par la suite été transférée aux Cliniques universitaires de Kinshasa.
Face à cette information, les services sanitaires ont procédé à des vérifications afin de déterminer l’existence éventuelle d’un lien avec la flambée de maladie à virus Ebola en cours en République démocratique du Congo. L’investigation menée aux Cliniques universitaires de Kinshasa, dans la zone de santé de Lemba, n’a finalement pas permis d’établir un lien épidémiologique avec la flambée actuelle.
Les enquêteurs ont notamment relevé l’absence de voyage récent, l’absence d’exposition connue à un risque de maladie à virus Ebola ainsi qu’aucun élément permettant d’établir un contact épidémiologique avec la chaîne de transmission actuellement surveillée. L’enquête a également mis en évidence chez la personne décédée un antécédent de consommation chronique et excessive d’alcool depuis plus d’une dizaine d’années.
Les équipes médicales ont par ailleurs retrouvé la notion d’un épisode clinique similaire survenu environ trois mois auparavant, marqué notamment par un méléna, une hématémèse et de la fièvre, dans un contexte de consommation excessive d’alcool. Ces éléments orientent davantage vers une affection digestive préexistante ou associée à cette consommation chronique d’alcool, selon les conclusions communiquées par les équipes d’investigation. « Aucun lien épidémiologique avec la flambée en cours n’a été établi », a conclu le docteur Georges Mutuale.
Si l’alerte a été invalidée, les autorités sanitaires ne relâchent pas pour autant la surveillance. Les équipes des Cliniques universitaires de Kinshasa sont appelées à renforcer la vigilance, notamment à travers la surveillance des patients, le respect des définitions de cas, le triage, la notification précoce des alertes ainsi que l’application rigoureuse des mesures de prévention et de contrôle des infections.
Cette nouvelle alerte rappelle surtout l’importance d’une réponse rapide face à toute suspicion de maladie à virus Ebola, mais également la nécessité de s’appuyer sur les investigations sanitaires avant de tirer des conclusions. À ce stade, aucun élément épidémiologique ne permet donc de considérer ce décès comme un cas lié à la flambée d’Ebola en cours.
Elrick Elesse


