La pression monte sur la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU). Au terme de trois mois d’enquête parlementaire sur la gestion financière de son secteur, les députés nationaux ont adopté à l’unanimité des recommandations demandant à la Première ministre, Judith Suminwa, de tirer les conséquences politiques de ce dossier.
Le verdict parlementaire est tombé ce lundi. À l’Assemblée nationale, les élus ont choisi de hausser le ton face aux conclusions d’une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur la gestion financière du ministère de l’ESU. Au cœur des préoccupations : des soupçons de détournement des quotités issues des frais payés par les étudiants.
Lancée il y a trois mois, cette enquête visait à examiner l’utilisation des ressources financières concernées et à établir les responsabilités éventuelles. Selon les conclusions présentées aux députés, des irrégularités liées à la gestion de ces fonds auraient été constatées, poussant les élus à recommander le départ de la ministre du gouvernement. En adoptant ces recommandations à l’unanimité, la Chambre basse envoie un signal politique fort.
Le contrôle parlementaire se traduit désormais par une demande explicite adressée à l’exécutif, dans un secteur où la transparence financière et la bonne gestion des frais académiques constituent des enjeux majeurs pour les établissements d’enseignement supérieur. Dès ce mardi, le bureau de l’Assemblée nationale devrait officiellement saisir la Première ministre, Judith Suminwa, afin de lui transmettre les résolutions issues de la plénière.
Cette démarche ouvre une nouvelle séquence institutionnelle. Il reviendra à la cheffe du gouvernement de prendre connaissance des recommandations parlementaires et d’en apprécier les suites à donner, dans le respect des prérogatives constitutionnelles. Reste désormais à savoir si cette pression des députés débouchera sur une décision gouvernementale. Car si le vote exprime clairement la position de la Chambre basse, il ne signifie pas, à lui seul, que la ministre a déjà quitté ses fonctions.
Dans ce dossier, l’enjeu dépasse le sort d’une responsable gouvernementale : il touche à la redevabilité dans la gestion des finances universitaires et à la confiance des étudiants envers les institutions. La balle est désormais dans le camp de la Première ministre, appelée à se prononcer sur les suites à réserver aux recommandations des élus.
La rédaction de b-onetv.cd


