La ministre du Portefeuille, Julie Shiku, a suspendu à titre conservatoire le Directeur général des Lignes maritimes congolaises (LMC SA), Jean-Claude Mukendi Mbiya Muenze, pour une période de trois mois.
Cette décision, rendue publique à la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC), intervient à la suite d’une enquête financière portant sur la gestion des fonds alloués aux travaux du port sec de Kolwezi, dans la province du Lualaba.
Selon le document officiel signé par la ministre du Portefeuille, la décision s’appuie sur le rapport des inspecteurs des finances ayant mené une mission de contrôle sur le chantier du port sec. Ce rapport fait état de nombreuses irrégularités financières qualifiées d’« actes présumés de détournement des deniers publics » ainsi que de manquements graves aux obligations de gestion et de gouvernance.
La ministre justifie la mesure de suspension par la nécessité de préserver les intérêts patrimoniaux de l’État, actionnaire majoritaire de l’entreprise publique. « L’existence d’indices graves, sérieux et concordants exige des mesures conservatoires immédiates », peut-on lire dans la décision ministérielle. En attendant les conclusions de l’enquête administrative en cours, la direction de la société sera assurée par Mme Giselle Mbwansiem Mbiung Mupa, actuelle Directrice générale adjointe. Elle assumera l’intérim pendant les trois prochains mois, avec pour mission principale de garantir la stabilité de l’entreprise et de collaborer avec les organes de contrôle afin de faciliter l’audit complet de la gestion antérieure.
La ministre du Portefeuille a précisé que le rapport final de cette enquête sera transmis à la haute hiérarchie gouvernementale pour décision définitive, laquelle pourrait déboucher sur des poursuites judiciaires si les faits de détournement sont avérés. Les Lignes maritimes congolaises (LMC SA) figurent parmi les sociétés les plus importantes du portefeuille de l’État. Créée pour représenter la RDC dans le transport maritime et fluvial, l’entreprise joue un rôle crucial dans le commerce extérieur du pays, notamment pour les exportations minières et les importations de produits stratégiques.
Ces dernières années, les LMC avaient engagé plusieurs projets d’expansion, dont la modernisation du port sec de Kolwezi, censé renforcer la logistique nationale et désengorger les axes routiers reliant les zones minières au réseau ferroviaire et portuaire. Cependant, les retards et les soupçons de mauvaise gestion viennent ternir cette ambition de relance.
La suspension de Jean-Claude Mukendi s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à renforcer la transparence et la redevabilité dans les entreprises publiques, souvent critiquées pour leur manque de discipline financière. Sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi, plusieurs audits ont été lancés dans des sociétés du portefeuille afin de redresser la gestion publique et d’assurer une utilisation plus efficace des ressources de l’État.
Cette nouvelle affaire vient rappeler la volonté des autorités de mettre fin à l’impunité financière dans les entreprises stratégiques du pays, considérées comme des leviers essentiels du développement national.


