La République démocratique du Congo vient d’opérer un changement majeur dans la prise en charge du VIH chez les enfants. À l’hôpital pédiatrique de Kalembe-Lembé, les autorités sanitaires ont lancé officiellement le pALD, une combinaison thérapeutique moderne réunissant Abacavir, Lamivudine et Dolutegravir pédiatrique en un seul comprimé dispersible. Une avancée attendue, saluée comme un pas déterminant vers l’alignement des standards congolais sur les recommandations internationales.

Cette formulation, recommandée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) depuis 2021, simplifie radicalement le protocole thérapeutique actuel. Désormais, au lieu de plusieurs prises et dosages complexes, un seul comprimé adapté aux enfants suffit. Le Dr Aimé Mboyo, directeur du Programme national de lutte contre le VIH/SIDA (PNLS), n’a pas caché sa satisfaction : « Ce comprimé dispersible simplifie la vie des enfants et des familles. Ce nouveau schéma n’est pas un luxe, c’est une nécessité. » Pour lui, pALD vient non seulement améliorer l’adhérence au traitement, mais réduit aussi le risque de monothérapie, souvent à l’origine d’échecs thérapeutiques et de résistances.
Bien que lancé officiellement aujourd’hui, le pALD n’est pas une découverte de dernière minute. Grâce à l’appui de partenaires tels que PEPFAR et le Fonds mondial, la RDC avait déjà intégré le pALD dans son schéma thérapeutique dès 2022. L’étape actuelle marque la transition complète vers cette formulation combinée. Le PNLS insiste : il s’agit d’un tournant dans la stratégie nationale.

En représentant les partenaires techniques, le Dr Dah El Hadji (CHEMONICS) a salué les progrès réalisés. Il a souligné l’engagement du pays dans le cadre de l’Alliance globale pour l’élimination du VIH chez les enfants, lancée en 2023 à Dar es Salaam. Il a également rappelé une initiative politique majeure : le lancement en juin 2025 par le président Félix Tshisekedi de l’Initiative présidentielle pour l’élimination du VIH chez les enfants, un signal fort en faveur de la santé pédiatrique.
Le ministre de la Santé publique, le Dr Roger Kamba, a insisté sur la portée concrète de cette avancée : « Grâce à cette formulation, nous améliorons la qualité du traitement, l’adhérence, la simplicité d’administration et la disponibilité du médicament pour chaque enfant. » Il a rappelé que l’objectif du gouvernement est d’harmoniser la prise en charge pédiatrique avec les standards internationaux de l’OMS. À l’issue de son intervention, il a symboliquement remis une première dotation de pALD au PNLS, marquant le début effectif de son déploiement.

Face à l’ampleur des défis, le ministre a appelé à une mobilisation générale : partenaires techniques et financiers, prestataires de soins, organisations communautaires, familles, acteurs de terrain. « L’appropriation collective est indispensable pour que cette nouvelle étape devienne une réussite nationale.» Une avancée scientifique, politique et humaine, qui pourrait changer durablement la vie de milliers d’enfants.
Patricia Panzu


