Nouveau rebondissement à l’Assemblée nationale. La commission spéciale temporaire, chargée d’examiner les pétitions visant les membres du bureau de la chambre basse, a déclaré recevables sur la forme les recours introduits, y compris celui visant directement le président Vital Kamerhe. Cette décision, annoncée ce 21 septembre, ouvre la voie à l’examen au fond des griefs, prévu dès ce lundi, et plonge davantage l’institution dans une crise inédite.
L’équipe de Vital Kamerhe avait pourtant dénoncé plusieurs irrégularités dans la procédure, notamment : l’absence de certaines signatures jugées conformes, des doublons parmi les pétitionnaires, et des délais non respectés dans le dépôt des documents. Mais la commission a estimé que ces failles ne suffisaient pas à invalider les pétitions dans leur ensemble. Elle a jugé que la recevabilité sur la forme était acquise, réservant les débats sur la pertinence des accusations à la phase suivante : l’examen au fond.
Ces pétitions, initiées par un groupe de députés estimés à plus de 250 signataires, visent non seulement le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, mais aussi d’autres membres du bureau. Les contestataires accusent la direction actuelle de la chambre basse de mauvaise gestion administrative et financière, d’« opacité » dans certaines décisions et d’« abus de pouvoir ».
Cette fronde traduit également des lignes de fracture au sein même de l’Union sacrée, coalition politique qui soutient le président Tshisekedi. En interne, plusieurs voix estiment que le leadership de Kamerhe marginalise certains alliés stratégiques. L’examen au fond, qui débute aujourd’hui, sera suivi d’un rapport final de la commission. En cas de vote défavorable, le bureau dirigé par Vital Kamerhe pourrait être démis en bloc, ouvrant la voie à l’élection d’une nouvelle direction de l’Assemblée nationale.
Une telle issue aurait des conséquences majeures : un rééquilibrage des rapports de force au sein de l’Union sacrée, une recomposition de la hiérarchie parlementaire, et des répercussions directes sur la gestion du calendrier législatif et le suivi des réformes engagées.
Vital Kamerhe, ancien directeur de cabinet du chef de l’État et président de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), voit dans cette procédure une attaque directe contre sa stature retrouvée, après ses déboires judiciaires. Ses proches dénoncent une manœuvre politique visant à l’affaiblir, alors qu’il tente de se repositionner sur l’échiquier national. De son côté, le président Tshisekedi, qui a appelé à la sérénité et au respect des règles démocratiques, observe avec prudence. Une déstabilisation trop brutale du bureau pourrait fragiliser l’équilibre déjà précaire de la majorité.
Au-delà du cas Kamerhe, cet épisode révèle une fois de plus les tensions chroniques au sein de l’Assemblée nationale, régulièrement secouée par des rivalités internes, des luttes de positionnement et des accusations de mauvaise gouvernance. Les prochains jours seront donc décisifs : soit l’institution sort renforcée par un débat transparent, soit elle s’enfonce dans une crise politique dont l’onde de choc pourrait dépasser l’hémicycle.


