L’ancien directeur général de la Société Minière de Kilo-Moto (SOKIMO), Pistis Bonongo, a comparu ce mercredi devant la Cour des comptes, siégeant en audience publique de la Chambre de discipline budgétaire et financière. Au cœur de la procédure : le non-respect présumé d’une obligation légale liée à la transmission des états financiers de l’exercice 2022–2023.
Selon l’acte de poursuite, il est reproché à l’ex-dirigeant de ne pas avoir transmis les états financiers dans un délai de trois mois après leur adoption par l’assemblée générale de l’entreprise publique, comme l’exige la réglementation en vigueur.
Cette formalité constitue un mécanisme clé de gouvernance publique. Elle vise à garantir :
la transparence dans la gestion des entreprises de l’État ; la reddition régulière des comptes ; le contrôle des finances publiques par les organes habilités. Pour les entreprises stratégiques du secteur minier, dont les activités impactent directement les recettes nationales, le respect de ces obligations est considéré comme fondamental.
Face aux juges, Pistis Bonongo, assisté de ses avocats, a plaidé non coupable. Il a soutenu ne pas avoir eu la maîtrise effective du fonctionnement interne de la société durant son mandat et a affirmé ignorer l’étendue des prérogatives de la Cour des comptes. « Je ne savais pas que la Cour des comptes pouvait auditer jusqu’aux états financiers (…) j’étais ignorant de cette obligation », a-t-il déclaré à la barre.
Récemment évincé de ses fonctions, l’ancien directeur général estime que la responsabilité administrative ne saurait lui être imputée de manière exclusive. Cette comparution intervient dans un contexte où les autorités congolaises multiplient les appels à la bonne gouvernance et à la discipline budgétaire au sein des entreprises publiques.
La Chambre de discipline budgétaire et financière de la Cour des comptes est compétente pour sanctionner les fautes de gestion et les manquements aux obligations légales des responsables d’entités étatiques. Les sanctions peuvent aller de l’amende à l’interdiction d’exercer des fonctions publiques, selon la gravité des faits établis.
L’affaire Pistis Bonongo pourrait ainsi constituer un test important pour l’effectivité des mécanismes de contrôle et la responsabilisation des gestionnaires publics en République démocratique du Congo.
La décision de la Cour est attendue dans les prochains jours.
La rédaction de b-onetv.cd


