Le processus de Doha autour du conflit dans l’Est congolais connaît un nouveau rebondissement. Selon des révélations du média français Jeune Afrique, la médiation qatarie aurait déposé un projet d’accord actuellement soumis à l’examen du gouvernement congolais et de l’Alliance des Forces du Changement/M23.
Parmi les dispositions les plus sensibles, le texte propose la création d’une « force spéciale intérimaire », composée à parts égales de combattants du M23 et d’éléments de la Police nationale congolaise (PNC). Cette force serait chargée de sécuriser et d’occuper les zones actuellement tenues par la rébellion, dans l’attente d’un règlement global.
Autre point délicat : le projet prévoirait la désignation par le Président Félix Tshisekedi de gouverneurs intérimaires issus du M23, chargés d’administrer les provinces concernées jusqu’en 2027. Une mesure qui, si elle était confirmée, marquerait une concession politique majeure à la rébellion et risquerait de susciter de vifs débats sur la souveraineté de l’État congolais.
Le document envisagerait également l’organisation d’un dialogue national en 2026, réunissant acteurs politiques et groupes armés, dans le but de tourner la page des cycles de violences qui ensanglantent l’Est depuis plus d’une décennie. Pour l’heure, il ne s’agit que d’un projet d’accord. Ni le gouvernement congolais, ni le M23 n’ont confirmé sa validation. Mais ces fuites viennent alimenter un climat de spéculations, alors que la situation militaire sur le terrain reste tendue et que la pression internationale s’accentue pour parvenir à un compromis durable.
Entre aspirations à la paix et inquiétudes sur de possibles concessions jugées trop lourdes, ce projet place Kinshasa devant un choix stratégique : accepter une formule transitoire avec le M23 ou risquer une prolongation de la guerre dans l’Est.


