L’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme face à la progression inquiétante du choléra en République Démocratique du Congo. Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi à Kinshasa, l’organisation a dressé un tableau alarmant de la situation épidémiologique : 20 des 26 provinces sont désormais touchées, y compris certaines historiquement non endémiques.
Depuis le début de l’année, près de 1 700 décès ont été enregistrés, pour un taux de létalité supérieur à 3 %. MSF indique avoir mené 16 interventions d’urgence en appui au ministère de la Santé, traitant plus de 35 800 patients et vaccinant plus de 22 000 personnes contre la maladie. « La rapide propagation de l’épidémie à travers le pays nous préoccupe particulièrement, surtout à l’approche de la saison des pluies. Nous redoutons de nouvelles flambées si des mesures urgentes ne sont pas prises », alerte le Dr Jean-Gilbert Ndong, coordonnateur médical de MSF en RDC.
Selon l’organisation, les causes de cette situation sont multiples : financement insuffisant, faible présence d’acteurs humanitaires, et manque de coordination dans les mécanismes de riposte. Les équipes de terrain signalent également la faiblesse du système de surveillance épidémiologique, un manque de personnel qualifié, des pénuries de matériel médical, et une distribution limitée des vaccins. Autant d’obstacles qui freinent la mise en œuvre d’une réponse rapide et efficace.
« Nous appelons à une action coordonnée et urgente pour assurer la fourniture rapide de soins médicaux, un accès sans entrave aux zones touchées et un investissement durable dans l’eau potable et l’assainissement », insiste Berg, représentant de MSF.
Depuis janvier 2025, MSF a renforcé sa présence dans plusieurs provinces du pays : Nord et Sud-Kivu, Maniema, Sankuru, Tshopo, Équateur, Kinshasa, Mai-Ndombe, Haut-Katanga et Tanganyika. Les équipes restent actuellement fortement mobilisées dans les foyers les plus touchés, notamment à Fizi (Sud-Kivu) et Kongakonga (Tshopo). Cependant, malgré ces efforts, les réponses structurelles tardent à suivre, laissant craindre une aggravation de la crise sanitaire dans les mois à venir.
Jehovani Mulumba


