Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ont réagi ce samedi, par voie de communiqué officiel, à une série d’accusations lancées par le groupe armé MRDP-Twirwaneho, actif dans les hauts plateaux de Fizi (Sud-Kivu). Ce dernier avait alerté, dans un communiqué daté du 25 juillet, sur une prétendue infiltration de combattants FDLR formés au Burundi, et censés préparer des massacres ciblés contre les populations banyamulenge.
Mais pour les FARDC, ces accusations ne sont rien d’autre que de la désinformation. Le général-major Ekenge Bomusa Efomi Sylvain, porte-parole de l’armée congolaise, a démenti catégoriquement ces affirmations, dénonçant une manipulation grossière destinée à perturber les efforts de paix engagés notamment à travers les processus de Washington et de Doha.
« Ces allégations sont totalement infondées. Il s’agit d’une stratégie de diversion visant à détourner l’attention de la communauté nationale et internationale », a déclaré le général-major Ekenge.
Dans une contre-attaque inattendue, les FARDC révèlent au contraire disposer d’informations crédibles sur un projet de massacre planifié contre les populations banyamulenge de Minembwe, qui serait orchestré par le groupe Twirwaneho lui-même, en collaboration avec le mouvement rebelle RED Tabara, originaire du Burundi et également actif dans les hauts plateaux du Sud-Kivu.
Selon le communiqué, ce plan aurait pour objectif de provoquer une vague d’indignation internationale, tout en accusant les forces armées congolaises et burundaises de complicité ou d’inaction. Une stratégie dangereuse qui viserait à exacerber les tensions communautaires et à fragiliser les autorités légitimes dans la région des Grands Lacs.
L’affaire soulève des interrogations dans plusieurs cercles d’analyse. Certains observateurs voient dans ces accusations une tentative de “réanimer” la menace FDLR, groupe armé pourtant en perte de vitesse ces dernières années, notamment depuis l’accord de principe signé à Doha entre Kinshasa et le groupe rebelle AFC-M23. L’objectif serait-il de redorer l’image de certains groupes locaux en les présentant comme des résistants à une nouvelle invasion ? Ou de justifier des actions armées préventives sur le terrain ?
Une frange de l’opinion publique s’interroge : « Veut-on donner un nouveau souffle au spectre FDLR pour brouiller les cartes dans l’Est de la RDC ? » s’interroge un analyste sécuritaire basé à Bukavu.
Ce nouvel épisode illustre une fois de plus la guerre de l’information qui se joue dans l’Est de la RDC, où chaque camp cherche à imposer sa version des faits à l’opinion et aux partenaires internationaux. Mais au-delà des communiqués et des accusations croisées, le risque est réel : celui de voir les populations civiles, en particulier les banyamulenge de Minembwe, une fois de plus prises en otage de calculs militaires et politiques.
Pour les FARDC, la vigilance reste de mise. Elles affirment poursuivre les opérations de sécurisation dans les Hauts Plateaux, en coordination avec les autorités locales et régionales, tout en appelant les populations au calme et à la prudence.
Elrick Elesse


