Le ton était grave, presque amer. Face à ses fidèles réunis ce dimanche 10 mai, le pasteur Moïse Mbiye a livré une charge sévère contre certaines rencontres entre leaders religieux, qu’il accuse d’avoir perdu leur essence spirituelle au profit des calculs politiques. Dans une prédication aux accents crus et sans détour, le responsable religieux a dénoncé des rassemblements où, selon lui, la parole de Dieu a progressivement cédé la place aux discussions politiciennes.
« Quand ils se retrouvent, ils prennent du vin et parlent de politique : “Oh, on va changer la Constitution” », a-t-il lancé devant une assemblée attentive. Puis tombe une phrase choc, lourde de symboles : « C’est devenu un camp de lépreux. » À travers cette image biblique particulièrement forte, Moïse Mbiye semble vouloir dénoncer une contamination morale et spirituelle qui gangrènerait certains milieux religieux. Pour lui, ces espaces ne produisent plus ni élévation spirituelle ni bénédictions pour les fidèles. « Ils ne bénissent plus personne », a-t-il regretté.
Le pasteur a alors exhorté les membres de son église à faire preuve de discernement et de vigilance, les appelant à se tenir à distance de ce qu’il considère comme des rassemblements dévoyés de leur mission première. « Que le Seigneur me fasse grâce afin que je ne me retrouve jamais dans un camp de lépreux », a-t-il conclu, dans une formule qui résonne comme une prise de distance nette avec une certaine élite religieuse accusée de s’éloigner des valeurs spirituelles.
Ces déclarations interviennent dans un contexte où les relations entre religion et politique suscitent régulièrement des débats en RDC, plusieurs confessions religieuses étant souvent perçues comme influentes dans les grandes orientations du pays.
Junior Kulele

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