La tension politique monte à l’Assemblée nationale avant une plénière décisive consacrée à l’examen des pétitions visant plusieurs membres du bureau, dont le président de la Chambre basse, Vital Kamerhe. Dans ce contexte, une délégation de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) s’est rendue ce lundi au siège de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) pour solliciter l’arbitrage du secrétaire général du parti présidentiel, Augustin Kabuya.

Conduite par son secrétaire général Billy Kambale, la délégation de l’UNC a affirmé être venue « sur instructions du président national » Vital Kamerhe, afin d’exprimer ses inquiétudes quant à la régularité du processus. Billy Kambale a notamment pointé du doigt l’omniprésence de l’UDPS dans cette procédure : L’initiateur de la pétition contre Kamerhe est membre de l’UDPS; Le premier vice-président de l’Assemblée nationale, qui dirige les plénières en l’absence de Kamerhe, appartient à l’UDPS; Le président de la commission spéciale chargée d’examiner les pétitions est également issu du même parti.
Pour l’UNC, cette concentration d’acteurs UDPS à des postes stratégiques traduit une volonté d’« écarter politiquement Vital Kamerhe » au moyen d’une procédure qui, selon elle, manque de neutralité. En réponse, Augustin Kabuya a accueilli la délégation tout en promettant un « délai de réflexion ». Sans s’avancer sur une position officielle, le secrétaire général de l’UDPS a indiqué qu’il prendrait le temps d’évaluer les arguments de l’UNC avant de communiquer une réponse définitive.
Pendant ce temps, l’Assemblée nationale s’apprête à ouvrir une plénière qui s’annonce décisive. La commission spéciale, constituée il y a quelques jours, a déjà jugé recevables les pétitions sur la forme, malgré certaines irrégularités soulevées par les avocats de Kamerhe. L’étape suivante sera l’examen au fond, lequel pourrait déboucher sur une destitution historique du président de la Chambre basse.
La démarche de l’UNC illustre la fragilité des équilibres au sein de l’Union sacrée, la coalition politique qui soutient le président Félix Tshisekedi. Vital Kamerhe, figure clé de cette alliance et acteur influent de la scène politique congolaise, voit son avenir institutionnel suspendu à l’issue de ce bras de fer parlementaire.

Si le bureau venait à être bouleversé, c’est toute l’architecture politique de la majorité qui pourrait en être affectée, avec un risque de fractures internes dans une coalition déjà traversée par des rivalités de leadership.


