À l’orée de l’année 2026, le système des Nations Unies en République démocratique du Congo redéfinit ses priorités. Dans une tribune, Bruno Lemarquis, Représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l’ONU et Coordonnateur résident, invite à faire de la nouvelle année un temps d’« espoir, de réconciliation et d’ouverture vers de nouveaux horizons », dans un pays toujours confronté à de profonds défis sécuritaires, sociaux et économiques.
La recherche d’une paix durable, en particulier dans l’Est de la RDC, demeure au cœur des préoccupations. Bruno Lemarquis évoque un « moment charnière » pour la région des Grands Lacs, marqué par des avancées diplomatiques encourageantes, mais terni par la persistance des combats et de graves violations des droits humains. Il appelle à un soutien renforcé et urgent aux initiatives politiques en cours afin de poser les fondations d’un avenir plus stable et pacifique.
L’action des Nations Unies s’inscrira dans le nouveau Cadre de coopération pour le développement durable 2025-2029, élaboré en partenariat avec le gouvernement congolais. Ce cadre vise à accompagner les priorités nationales et la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD), autour d’un principe central : « ne laisser personne de côté ». L’ONU réaffirme ainsi son engagement en faveur de politiques publiques inclusives et du renforcement des capacités institutionnelles et locales.
La protection des populations les plus vulnérables et l’investissement dans le capital humain sont érigés en priorités majeures. L’accès équitable aux services essentiels santé, éducation et protection sociale notamment pour les femmes, les enfants, les personnes déplacées et les personnes vivant avec un handicap, est présenté comme un droit fondamental et un levier clé de la stabilité. Dans cette optique, l’investissement dans la jeunesse est perçu comme une condition indispensable pour « bâtir la paix de demain ».
Sur le plan économique, les Nations Unies entendent soutenir la diversification de l’économie et promouvoir une croissance inclusive, en mettant l’accent sur l’entrepreneuriat des jeunes, l’autonomisation des femmes et le développement de chaînes de valeur responsables. Face aux effets des changements climatiques, l’ONU prévoit également d’intensifier ses actions en faveur de la résilience des communautés, de l’adaptation climatique et de la sécurité alimentaire.
Enfin, Bruno Lemarquis lance un appel à un « élan collectif renouvelé », dans un contexte marqué par la baisse de l’aide publique au développement. Il plaide pour une approche territorialisée, inclusive et transparente, mobilisant l’ensemble des partenaires afin d’aligner les ressources sur les priorités nationales. L’ambition affichée est de rendre pleinement opérationnel le nexus humanitaire-développement-paix, au plus près des réalités et des besoins des populations congolaises.
John Wanyanga


