Le président de la République, Félix Tshisekedi, est arrivé dans la nuit du mardi à mercredi 3 décembre 2025 à Washington D.C., où il doit rencontrer son homologue rwandais Paul Kagame pour entériner l’accord de paix conclu entre leurs deux pays. Cet accord, initialement signé le 27 juin dernier sous la médiation des États-Unis, doit être officiellement finalisé ce 4 décembre lors d’une cérémonie de haut niveau.

Ce déplacement du chef de l’État congolais répond à l’invitation du président américain Donald Trump, très engagé avec son administration dans les efforts visant à mettre fin à l’instabilité persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo. Washington souhaite, à travers cette cérémonie, sceller un processus diplomatique présenté comme un tournant majeur dans les relations entre Kinshasa et Kigali.
L’événement se déroulera en présence de plusieurs personnalités et délégations internationales, parmi lesquelles des chefs d’État ou représentants de haut rang de l’Angola, du Burundi, du Qatar, du Togo, de l’Ouganda, des Émirats arabes unis ainsi que de l’Union africaine. Une réunion tripartite Trump–Tshisekedi–Kagame est également prévue en marge de la signature.
Selon la présidence congolaise, l’accord réaffirme l’engagement de toutes les parties à respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC. Il repose notamment sur le concept technique opérationnel de désengagement sécuritaire (CONOPS), adopté le 31 octobre 2024, qui prévoit un retrait vérifié et séquencé des troupes rwandaises du territoire congolais.
Cependant, la réalité sur le terrain contraste fortement avec l’élan diplomatique de Washington. Le 2 décembre, les Forces armées de la RDC (FARDC) ont publié un communiqué dénonçant de nouvelles attaques de la coalition M23/AFC dans plusieurs localités du Sud-Kivu, soulignant la persistance des affrontements malgré les différents mécanismes de cessez-le-feu.
À Kinshasa, à la veille de la cérémonie de Washington, des voix s’élèvent au sein de la classe politique, particulièrement dans l’opposition, pour réclamer un dialogue interne visant à garantir l’unité nationale face à un processus de paix jugé sensible et à forts enjeux.
Emille Kayomba


