La Société nationale d’électricité (SNEL SA) change de visage. Par ordonnance présidentielle rendue publique, Teddy Lwamba Moba, ingénieur électromécanicien de formation, a été nommé Directeur général de l’entreprise publique, stratégiquement placée au cœur du développement énergétique de la RDC.
Ancien ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Lwamba n’est pas un inconnu dans le secteur. Fort de son expérience gouvernementale et technique, il hérite d’un mastodonte en difficulté : la SNEL, qui fait régulièrement l’objet de critiques pour ses coupures intempestives, son réseau vétuste et ses finances plombées par des dettes colossales.
La tâche qui attend le nouveau patron s’annonce titanesque. Selon les experts, les défis prioritaires sont multiples : Moderniser les infrastructures vieillissantes, notamment les barrages d’Inga I et II, en souffrance depuis des décennies ; Accélérer l’électrification du pays, où près de 80 % de la population n’a toujours pas accès à l’électricité ; Assainir la gouvernance interne de la SNEL, gangrenée par des accusations de mauvaise gestion et de corruption ; Sécuriser de nouveaux partenariats publics et privés afin de financer les mégaprojets énergétiques, notamment Inga III et les interconnexions régionales.
La nomination de Teddy Lwamba intervient dans un contexte où le secteur de l’énergie est devenu une priorité politique et économique pour le président Félix Tshisekedi, qui voit dans l’électricité un levier essentiel pour la diversification économique et l’industrialisation du pays.
Proche du milieu technique, mais aussi habitué aux négociations politiques, le nouveau DG de la SNEL est présenté comme un profil de « technocrate pragmatique ». Ses partisans louent sa rigueur et sa connaissance fine du secteur énergétique, tandis que ses détracteurs rappellent l’ampleur des blocages internes qui ont fait échouer ses prédécesseurs.
La RDC, surnommée « le scandale énergétique » en raison de son immense potentiel hydroélectrique (estimé à 100 000 MW, dont 40 000 rien que pour Inga), attend de lui un redressement rapide. Pour l’instant, les Congolais espèrent que ce changement de leadership se traduira par moins de délestages et plus de lumière dans leurs foyers.
Junior Kulele


