La République Démocratique du Congo s’engage dans une refonte profonde de son système carcéral. Lors de la 64ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue le vendredi 24 octobre 2025 à la Cité de l’Union Africaine, le gouvernement a adopté un plan national de réforme du système pénitentiaire, présenté par le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, sous la présidence du Chef de l’État Félix Tshisekedi.
Le Garde des Sceaux a dressé un constat alarmant sur l’état des prisons et centres de détention en RDC. Dans un contexte marqué par la montée de la criminalité, la suroccupation carcérale et le manque criant de moyens matériels et humains, les établissements pénitentiaires peinent à remplir leur double mission de sécurité publique et de réinsertion sociale.
« Le système pénitentiaire congolais accuse de graves insuffisances, tant sur le plan des droits des détenus que dans la gestion quotidienne des prisons », a souligné Guillaume Ngefa devant le Conseil. Le dossier adopté comprend des études de faisabilité chiffrées, des propositions de solutions concrètes et un agenda de réformes élaboré en collaboration avec les différents services du ministère de la Justice.
Depuis sa prise de fonctions, Guillaume Ngefa a effectué plusieurs missions d’inspection dans les principaux établissements pénitentiaires du pays : Makala, Ndolo, Luzumu (Kongo Central), ainsi que les maisons d’arrêt du Grand Katanga.
Ces visites ont permis d’établir un diagnostic précis : conditions de détention déplorables, alimentation insuffisante, manque d’hygiène, infrastructures vétustes et lenteurs dans le traitement des dossiers judiciaires.
Partant de cet état des lieux, le ministre a défini des priorités à court, moyen et long terme : Amélioration de l’alimentation et des conditions sanitaires des détenus ; Désengorgement des prisons à travers la promotion des mesures alternatives à la détention préventive ; Modernisation des infrastructures pénitentiaires ; Renforcement du personnel et de la formation en matière de gestion carcérale ; Création d’un mécanisme de suivi et de coordination des réformes.
Nommé récemment à la tête du ministère de la Justice dans le gouvernement Suminwa II, Guillaume Ngefa succède à Constant Mutamba. Dès son entrée en fonction, il avait promis d’assainir les lieux de détention sur l’ensemble du territoire et d’améliorer l’administration de la justice. Ce plan de réforme s’inscrit dans la continuité de la vision du Président Félix Tshisekedi, qui fait de la justice un pilier essentiel de l’État de droit. « La réforme du système pénitentiaire n’est pas seulement une question de sécurité, mais aussi de dignité humaine et de respect de la Constitution », a rappelé un membre du gouvernement à l’issue du Conseil.
Les réformes annoncées seront mises en œuvre selon un calendrier triennal, avec un plan d’urgence destiné à répondre aux besoins les plus pressants, notamment l’accès à une alimentation décente, la santé en milieu carcéral et la réhabilitation des infrastructures les plus délabrées. Le ministère prévoit également d’impliquer les partenaires techniques et financiers dans la modernisation des prisons, tout en renforçant la transparence dans la gestion des ressources.
En somme, le gouvernement congolais amorce un tournant décisif vers la humanisation et la modernisation du système pénitentiaire. Sous la houlette de Guillaume Ngefa, la réforme entend redonner à la prison sa vocation première : corriger, réinsérer et protéger la société, tout en respectant la dignité des personnes privées de liberté.
La rédaction de b-onetv.cd


