Le Commissaire provincial de la Police nationale congolaise (PNC) ville de Kinshasa a haussé le ton contre certaines pratiques jugées contraires à l’éthique policière. Au cours d’une réunion de commandement réunissant les responsables de toutes les unités de police de la capitale, il a ordonné l’interdiction immédiate du recours aux « éclaireurs » lors des opérations de police, une pratique qui consiste à s’appuyer sur des civils, parfois présentés comme d’anciens ou présumés délinquants communément appelés Kuluna, pour identifier ou localiser des suspects.

Pour le chef de la police de Kinshasa, cette méthode est incompatible avec les missions régaliennes de la PNC et porte gravement atteinte à son image ainsi qu’à la confiance de la population. « C’est une instruction permanente. Vous devez interpeller, sans complaisance, toute personne soupçonnée d’appartenir aux Kuluna, quel que soit son statut. Mais dans la pratique, certains de vos éléments procèdent à des arrestations arbitraires d’innocents, souvent dans le but d’obtenir de l’argent en échange de leur libération. Ils développent même des relations avec certains Kuluna devenus leurs éclaireurs. Pourtant, la police est suffisamment structurée pour ne pas tolérer de telles pratiques », a-t-il déclaré devant les commandants d’unités.
À travers cette mise en garde, le commandement provincial entend également lutter contre les abus de pouvoir, les interpellations sans fondement et les actes de corruption qui alimentent les critiques récurrentes à l’encontre de certains agents de la PNC. Le Commissaire provincial a rappelé que la lutte contre le banditisme urbain doit s’inscrire dans le strict respect de la loi, des procédures judiciaires et des droits des citoyens, sans recours à des méthodes susceptibles de compromettre la crédibilité de l’institution.
La réunion a également été l’occasion de rappeler les exigences en matière de discipline vestimentaire. Le chef de la police a dénoncé le port, par certains policiers, notamment ceux de la circulation routière, de gilets et de chasubles arborant les appellations de services de police étrangers. « Comment comprendre qu’un policier congolais porte un gilet ou une chasuble avec les mentions « Polizei » ou « Policia », qui renvoient respectivement aux polices allemande et espagnole ? Cette pratique constitue une publicité gratuite pour des institutions étrangères et ne respecte pas l’identité de notre police », a-t-il fait remarquer.

Il a exigé que tous les éléments de la PNC portent exclusivement les uniformes et équipements réglementaires reflétant l’identité de la Police nationale congolaise. En clôturant la réunion, le Commissaire provincial a exhorté l’ensemble des policiers à faire preuve de professionnalisme, de discipline et d’intégrité dans l’exercice de leurs fonctions. Il a insisté sur le fait que la mission première de la PNC demeure la protection des personnes et de leurs biens, ainsi que le maintien de l’ordre public dans le respect des lois de la République.
Ces nouvelles directives s’inscrivent dans la volonté des autorités de renforcer la discipline au sein des forces de sécurité et d’améliorer les relations entre la police et la population kinoise, dans un contexte marqué par la lutte contre le phénomène des Kuluna et les efforts de restauration de l’autorité de l’État dans la capitale.
Constantin Ntambwe


