Face à l’escalade des tensions dans l’Est du pays, notamment à Uvira, le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a convoqué, ce lundi 8 septembre, une réunion interinstitutionnelle de haut niveau à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa. L’objectif : harmoniser les réponses sécuritaires et préparer une rentrée parlementaire décisive pour l’avenir politique et économique de la République Démocratique du Congo.

Autour du Chef de l’État, les figures clés du pouvoir institutionnel : Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, Jean-Michel Sama Lukonde, président du Sénat, Judith Suminwa Tuluka, Première ministre, et Dieudonné Kamuleta, président du Conseil supérieur de la magistrature. Cette rencontre illustre la volonté du Président Tshisekedi de centraliser les décisions dans un contexte sécuritaire et politique tendu.
La réunion a largement été dominée par la situation sécuritaire au Sud-Kivu. Uvira, théâtre de manifestations populaires depuis plusieurs jours, cristallise les frustrations de la population qui s’oppose à la nomination du général Olivier Gasita. Ce dernier, désormais en charge des opérations et renseignements de la 33ᵉ région militaire, est accusé par certains habitants d’avoir contribué à la prise de Bukavu par des rebelles.
Ces tensions locales, combinées à l’insécurité chronique entretenue par le M23 et d’autres groupes armés dans le Nord-Kivu et l’Ituri, mettent à l’épreuve la stratégie sécuritaire du gouvernement. La réunion a donc servi de cadre pour examiner de nouvelles mesures de stabilisation et de restauration de l’autorité de l’État.
Au-delà du dossier sécuritaire, cette rencontre marque également les derniers préparatifs de la rentrée parlementaire prévue mi-septembre. Les autorités veulent faire de cette session un moment clé pour : Accélérer les réformes institutionnelles et sécuritaires; Adopter le budget national; Suivre l’avancement du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T); Consolider les bases économiques du pays à travers de nouvelles lois. Vital Kamerhe a insisté sur « la nécessité d’un engagement collectif des institutions pour faire face aux défis multiples de la RDC ».
Pour Kinshasa, ce type de réunion témoigne d’une gouvernance tournée vers la concertation et la cohésion institutionnelle. La présence des présidents des deux chambres du Parlement, de la Première ministre et du président du CSM démontre la volonté du Chef de l’État de coordonner tous les leviers du pouvoir face aux menaces internes et externes.
Dans les jours à venir, les décisions issues de cette rencontre devraient se traduire par des actions concrètes, notamment sur le front sécuritaire, afin de calmer les tensions à Uvira et d’assurer une rentrée parlementaire sans heurts.
La République Démocratique du Congo vit depuis 2022 une intensification des violences dans ses provinces orientales. L’activisme du M23, soutenu selon Kinshasa par le Rwanda, et la prolifération d’autres groupes armés compliquent les efforts du gouvernement pour stabiliser la région. La colère exprimée à Uvira illustre une crise de confiance entre les populations et les institutions, renforçant la nécessité d’une réforme profonde du secteur de la défense et de la sécurité.


