Dévoilée dans la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 août, la composition du nouveau gouvernement dirigé par Judith Suminwa laisse un goût de déjà-vu. Avec 53 ministres et vice-ministres (54 en comptant la Première ministre), l’exécutif reste pléthorique, malgré la promesse initiale de Félix Tshisekedi de réduire l’équipe en dessous de 50 membres.

Selon l’ordonnance présidentielle, le gouvernement Suminwa II conserve près de 90 % de ses effectifs, avec trois catégories principales :
15 nouvelles figures, dont l’ancien Premier ministre Adolphe Muzito (Budget), Guillaume Ngefa (Justice), José Mpanda (Postes et Télécommunications), Floribert Anzuluni (Intégration régionale) et Grâce Émie Kutino (Jeunesse). 21 membres reconduits dans leurs fonctions. 17 reconduits mais permutés dans d’autres portefeuilles.
Les six vice-premiers ministres restent pratiquement inchangés, à l’exception d’Adolphe Muzito qui fait son entrée. Du côté des ministres d’État, Guylain Nyembo perd son rang de VPM pour être rétrogradé à ce niveau, tandis que Marc Ekila voit son ministère de la Formation professionnelle élevé au rang de ministère d’État.

Si certains portefeuilles changent de mains, il s’agit souvent d’échanges internes plutôt que d’un véritable renouvellement. Augustin Kibassa quitte les Postes et Télécommunications pour récupérer l’Économie numérique. O’Neige Nsele, longtemps vice-ministre des Finances, prend les Affaires foncières. Marie Nyange Ndambo hérite de l’Environnement, tandis que John Banza Lunda prend la tête des Infrastructures, rétrogradé en ministère simple. Au total, 8 ministres conservent leur poste, 9 sont totalement nouveaux, et 7 restent dans le gouvernement mais changent de portefeuille.
Si l’entrée de figures issues de l’opposition, comme Floribert Anzuluni ou Adolphe Muzito, pourrait laisser penser à une ouverture politique, la réalité est moins ambitieuse. L’essentiel de l’ossature gouvernementale reste contrôlé par les mêmes acteurs, certains qualifiés d’« indéboulonnables », tels que Jean-Lucien Bussa, Julien Paluku ou Guy Loando. En matière de représentativité, le gouvernement conserve sa taille éléphantesque et son coût budgétaire élevé, tout en restant éloigné de l’idée d’un exécutif resserré ou réellement inclusif.
Plusieurs observateurs voient dans cette configuration une étape transitoire avant la formation d’un véritable gouvernement d’union nationale issu d’éventuels accords de paix, notamment après la récente victoire diplomatique revendiquée par Félix Tshisekedi face à l’AFC/M23. Pour l’instant, l’impact attendu de Suminwa II pourrait être similaire à celui de Suminwa I : des résultats mitigés, freinés par la continuité des mêmes dynamiques politiques et administratives.

En résumé : Effectif total : 54 membres (avec la Première ministre).
Taux de reconduction : 90 %.
Nouveaux entrants notables : Adolphe Muzito, Guillaume Ngefa, José Mpanda, Floribert Anzuluni, Grâce Émie Kutino.
Promesses non tenues : pas de réduction significative du nombre de ministres.
Nature du remaniement : plus technique que politique, avec peu d’ouverture réelle.
Junior Kulele


