Face aux critiques croissantes sur les récentes interpellations d’officiers au sein de l’armée congolaise, le général-major Sylvain Ekenge, porte-parole des FARDC, est monté au créneau. Dans une sortie médiatique très attendue sur le plateau spécial de la RTNC, il a dénoncé « les incohérences politiques » et rappelé que les sanctions disciplinaires sont guidées par le droit militaire, non par des considérations ethniques ou politiques.
“On dénonce la trahison, l’infiltration, le détournement… mais dès qu’on agit, certains politiciens crient au scandale”, a-t-il fustigé.
Selon le général Ekenge, les officiers arrêtés l’ont été pour des manquements graves à la discipline et non en raison de leur origine ou de leur appartenance communautaire. Il rejette les spéculations qui circulent sur les réseaux sociaux à ce sujet : “Il y a trop de rumeurs infondées. Un militaire qui viole les règlements le fait en âme et conscience, à titre personnel. Il ne représente ni une ethnie, ni une communauté.”
Il a insisté sur le fait que l’armée est régie par des lois strictes, et que toute infraction entraîne des sanctions, conformément au code de justice militaire. Sylvain Ekenge a réaffirmé le caractère apolitique et national de l’armée congolaise, soulignant qu’aucune ingérence communautaire ou partisane ne doit perturber la cohésion des FARDC.
“Il faut arrêter d’injecter le poison de la division dans notre armée. Nous avons des valeurs à défendre. La justice militaire doit faire son travail, point final.”
Le porte-parole des FARDC a également visé certains responsables politiques et membres de la société civile qui, selon lui, soufflent le chaud et le froid : “Ils réclament des sanctions contre les infiltrés et les traîtres, mais dès que l’armée agit, ils montent au créneau pour crier à la chasse aux sorcières. On ne peut pas vouloir une chose et son contraire.”
Cette mise au point intervient dans un climat sécuritaire explosif. Alors que l’Est de la RDC reste confronté à la guerre d’agression menée par le Rwanda via la rébellion de l’AFC/M23, l’armée congolaise est plus que jamais appelée à faire preuve de rigueur et de cohésion.
Les interpellations récentes concernent plusieurs officiers de haut rang, selon diverses sources médiatiques. Parmi eux, le Général Christian Tshiwewe, ancien chef d’état-major général devenu conseiller militaire du Président Félix Tshisekedi, figurerait parmi les officiers sous enquête. Toutefois, l’armée ne confirme ni ne dément cette information, se contentant de rappeler que la justice suit son cours.
Pour Sylvain Ekenge, l’armée ne transigera pas sur les principes : “S’il y a des preuves, la justice tranchera. S’ils sont innocents, ils seront libérés. S’ils sont coupables, ils seront punis conformément à la loi. Il n’y a pas de négociation possible avec la discipline.”
Avec cette sortie, les FARDC entendent réaffirmer leur intégrité face aux infiltrations, aux tentatives de politisation et aux dérives internes. Le message de Sylvain Ekenge est limpide : nul n’est au-dessus de la loi, même dans les rangs de l’armée, et l’unité des forces armées est une ligne rouge à ne pas franchir.
La rédaction de b-onetv.cd


