La dernière sortie médiatique de Jean-Pierre Bemba, Vice-Premier ministre en charge des Transports et président du Mouvement de Libération du Congo (MLC), continue de provoquer un tollé. Dans une réaction particulièrement virulente, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) s’est dite « consternée, mais pas surprise » par les déclarations du leader politique, dénonçant des propos jugés « dangereux, gratuits et infondés ».
Dans une vidéo largement relayée, le secrétaire général de la CENCO, Mgr Donatien Nshole, n’a pas mâché ses mots : « Jean-Pierre Bemba s’est attribué un rôle extrêmement dangereux : celui de proférer, avec une légèreté déconcertante, des allégations gratuites et infondées. »
La CENCO met en garde contre la multiplication de « sorties médiatiques belliqueuses » de la part de l’ancien chef rebelle. Le ton se fait encore plus grave lorsque Mgr Nshole lance une interrogation lourde de sens : « Il y a lieu de se demander si, à travers ses propos, M. Bemba ne cherche pas à ramener le pays à l’époque où il avait fait tuer des innocents à Kisangani et à Kinshasa. »
La hiérarchie catholique s’étonne du silence des institutions de la République face à la gravité de ces propos. « Normalement, le procureur général près la Cour de cassation, ainsi que l’Assemblée nationale, devraient se saisir d’office », déclare Mgr Nshole, appelant à une réaction institutionnelle ferme.
Autre réaction tranchante, celle d’Olivier Kamitatu, ancien compagnon politique de Jean-Pierre Bemba. Dans un communiqué incisif, il dénonce une posture calculée et profondément dangereuse : « Jean-Pierre Bemba, sans la moindre preuve, a construit une fiction dangereuse. Il a franchi une ligne rouge. »
Pour Kamitatu, les propos de Bemba ne relèvent pas d’un simple dérapage, mais s’inscrivent dans « une logique ancienne, faite de brutalité, de tentation des armes, de guerre ». Il va jusqu’à qualifier les déclarations du VPM de « poison public », insistant sur la responsabilité particulière d’un homme d’État en matière de vérité.
Son réquisitoire se conclut par une adresse personnelle et cinglante : « Jean-Pierre, tu as eu ta chance. Tu l’as gaspillée. Ton temps est révolu. N’enchaîne pas la République dans ta chute. Moi qui ai été témoin de ton histoire, je dis : stop à la manipulation, stop aux mensonges. »
Alors que le climat politique reste fragile dans un contexte sécuritaire tendu, ces déclarations et contre-déclarations font craindre une nouvelle escalade verbale, voire institutionnelle. L’absence de réaction officielle de la part du gouvernement ou du parlement entretient un malaise croissant dans l’opinion publique, d’autant que les accusations restent pour l’heure sans fondement prouvé.
Dans ce tumulte, la voix de la CENCO et celle d’anciens alliés politiques cherchent à alerter l’opinion : il y a des mots qui, au sommet de l’État, ne devraient jamais être prononcés à la légère.
La rédaction de b-onetv.cd


